‹ Thèse pour le doctorat en médecineChapitre 2 sur 12 · A MA MÈRE · texte numérisé non relu

A MA MÈRE

E.-N. VIGU.

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Je prie MM. Labric, Rostan, Roux, Rayer, Cullérier et

Honoré de recevoir l’expression de ma vive reconnaissance

pour les excellentes leçons et les témoignages de bienveillance que j’ai reçus d’eux pendant mon séjour dans les hôpitaux.

E.-N. VIGLA

Placé comme interne dans le service de M. Rayer, en 1837, j’ai observé sous lui le premier cas de morve aiguë dont il ait été fait mention à Paris. La position que j’occupais auprès de ce laborieux médecin m’a permis de partager quelques-uns des nombreux travaux auxquels il s’est livré pour éclairer l’histoire de cette maladie , de l’accompagner à Montfaucon où il faisait, avec M. Leblanc, vétérinaire distingué, des recherches sur la morve du cheval.

L’année 1838 m’a fourni de nouvelles occasions d’observer cette maladie chez l’homme. En effet, un second exemple de cette affection a été reconnu, dans les derniers jours d’août, par mon collègue M. Burguières et moi, sur un malade placé dans le service de M. Breschet, à l’Hôtel-Dieu. L’observation attentive de ce fait, dont l’étiologie reçut par les soins de M. Leblanc le plus grand caractère d’authenticité, a montré tous les symptômes et toutes les lésions importantes signalés chez le malade de M. Rayer, chez ceux, en assez grand nombre, observés à l’étranger, et les mêmes que dans la morve aiguë du cheval.

Depuis, et par l’obligeance de M. Deville, docteur médecin, à Puis, j’ai assisté à l’autopsie très-intéressante d’un homme qui, apës avoir offert pendant près d’un an les symptômes du larcin hronique, a succombé en quelques jours à une morve aigue confirmée, terminaison qui n’est pas rare chez le cheval.

j’ai pu étudier encore dans le service de M. Husson le dernit malade qui ait succombé à cette affection, et la conviction qu j’avais acquise dès l’année dernière de la possibi-

lité de la transmission de la morve du cheval à l’homme, a été consolidée par la méditation attentive de ces trois nouveaux faits. J’ai donc été témoin des quatre cas de morve aiguë observés à Paris, et cette circonstance m’a engagé à faire de cette maladie le sujet de ma dissertation inaugurale.

Le mémoire de M. Rayer (1) a été pour moi un excellent guide, et m’a évité des recherches difficiles; ce travail, si complet d’ailleurs , n’ayant eu pour l’observation directe qu’un seul fait, permettait d’ajouter quelque chose à l’histoire de la maladie : j’ai cru trouver dans les observations déjà rapportées par ce médecin, dans les nouveaux faits dont je viens de parler, et dans quelques autres publiés à l’étranger, des matériaux suffisants pour cette tâche. Heureux si j’ai bien vu ce qui restait à faire, plus heureux encore si j’ai réussi dans cet effort.

Je regrette de ne pouvoir, comme l’a fait M. Rayer, donner en même temps l’histoire de la morve chronique et du farcin , ces deux maladies étant considérées aujourd’hui comme de même nature. Mais les limites de ce travail ne me permettent pas de traiter un sujet aussi étendu. Je ne parlerai que de la morve aiguë, à laquelle se rapportent les trois nouveaux faits que j’ai indiqués et qui sont l’occasion de ce travail.

(1) De la morve et du farcin chez l’homme ; Mém. de Y Acad, de mêd., t. vi, Pur*

DE

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