DE LA MORVE CHEZ LE CHEVAL
La maladie dont nous nous proposons de donner l’histoire, chez l’homme, ne paraît susceptible de se développer chez lui que par transmission ; spontanée, elle est propre aux monodactyles, et l’une de celles qui, en Europe, principalement dans les contrées froides et humides, en font périr le plus grand nombre. Il n’est personne peut-être qui n’ait entendu parler de la morve des chevaux, tant le nom en est devenu vulgaire, soit par les dommages que cette maladie occasionne aux propriétaires, soit par les mesures de police sanitaire dont elle a été l’objet.
Il est indispensable, pour l’intelligence complète de notre sujet, de connaître au moins les principaux caractères de la morve du cheval; nous croyons, sous ce rapport , qu’il peut être utile de reproduire ici le tableau des différentes maladies connues sous le nom de morve , publié récemment par M. Delafond (1), professeur à Alfort, dans son Traité de police sanitaire . On peut s’en servir avec d’autant plus
(1) Traité de police sanitaire , iu-8°; 1838 (Béchet jeune).
de confiance pour établir l’analogie de la morve chez le cheval et chez l’homme, que le professeur d’Àlfort n’admet pas l’existence de cette maladie chez le dernier, et qu’un bon nombre de pages ont été consacrées dans son ouvrage à soutenir cfette opinion. Nous aurons occasion de répondre aux arguments et aux objections de ce médecin dans l’article que nous consacrons à l’examen comparatif de cette maladie dans l’espèce humaine et dans l’espèce chevaline. Nous ferons suivre la description que l’on va lire de quelques considérations sur la nature présumée de la morve, et sur la contagion de cette maladie, toujours considérée dans le cheval.