‹ Thèse Pour Le Doctorat En MédecineChapitre 16 sur 33 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

(Mauriac, Traitement de la syphilis, p. 791.)

J'ai reçu récemment dans mon service un homme qui avait un gros chancre syphilitique du cuir chevelu sur la tempe en avant de l'oreille gauche. Il lui était survenu à l'endroit précis où il s'était piqué quelques semaines avant avec une épingle à cheveux de sa maîtresse...

Plus loin, il ajoute :

EX Dre

Il est des personnes pour qui la privation de baisers et de caressés est fort pénible; elles s’en trouvent humiliées et compromises. Que faire, quand elles vivent dans une nombreuse famille dont tous les membres ont l'habitude de s’embrasser ? Ce qu'on peut leur concéder à cet égard-là, c'est de ne mettre leurs lèvres en contact qu'avec les cheveux des leurs, pour ne pas rompre tout à fait avec les doux usages de la vie intime entre parents, frères, sœurs, enfants, etc., et cette permission, on ne la leur accorderait même pas pour peu que leurs lèvres fussent excoriées,et à plus forte raison si elles étaient le siège de quelque lésion suspecte. En faisant bien pénétrer dans l'esprit de nos clients la nécessité de surveiller et de contrôler avec la plus sévère rigueur tous les actes plus ou moins intimes qu'entraînent les liens de parenté qui sont souvent d'autant plus dangereux qu'ils s’aecomplissent presque inconsciemment, je suis convaincu qu'on évitera bien des catastrophes. Ces conseils constituent une excel-

lente prophylaxie.

OBSERVATION XI (Société de médecine de Lyon, 15 mai 1899.)

Double chancre syphilitique du cuir chevelu

(avec ininclusion d'une dent) contracté pendant une rixe

M. Grange, interne des hôpitaux, présente un malade du service de M. Rollet, qui est actuellement porteur d'un double chancre du cuir chevelu. Cet homme a vingt-huit ans. il n'avait pas d’antécédents vénériens lorsqu'il fut

contaminé de la façon suivante : le 12 mars, rentrant chez

lui, il rencontre une personne de connaissance avec. laquelle il se prend bientôt de querelle, ils en viennent aux coups et pendant la lutte, son adversaire cherchant à lui prendre les mains, il se défend à coups de tête portés sur la figure. Il se fait ainsi une double blessure siégeant sur le milieu du cuir chevelu. IL en résulte une légère hémorragie que le malade traite de façon banale les jours qui suivent, il fait des lotions à l’eau boriquée

sur ses plaies qui, d’ailleurs, ne se cicatrisent pas.

10 avril (vingt-neuf jours après la rixe). — Il remarque une augmentation du volume du cou et voit apparaître de petites tumeurs en divers points de la région cervi-

cale.

15 avril. — Apparaissent de violents maux de tête.

20 avril. — Il est reçu à l'hôpital de la Croix-Rousse dans le service de M. Rollet, où l’on constate une hyper trophie de la presque totalité des ganglions du cou, certains plus volumineux ; ce sont à droite les ganglions cervicaux qui longent la carotide, les mastoïdiens, les parotidiens, un sous-occipital ; à gauche, un le long de la carotide, l’autre le long du bord antérieur du trapèze. Ces ganglions ne sont pas enflammés, ils sont durs à la palpation, indolents, leur nombre seul gêne un peu les mouve-

ments de la tête.

Du côté du cuir chevelu, on voit deux ulcérations à bords arrondis, à fond muco-purulent, formant presque abcès. Sur leur pourtour existe un léger œdème qui présente à peu près une dureté semblable à celle du cuir chevelu normal. Dans la plus interne de ces plaies, la palpation

montre un corps étranger dur, encloué dans la plaie ; une

ÆUOT. =

fois celle-ci incisée, on retire un fragment de dent incisive laissé par l'adversaire.

Lé malade raconte alors que son adversaire était un syphilitique ayant, au moment de la rixe, des accidents spécifiques de la boucheet de la gorge ; en outre, sa femme est entrée il y a peu de temps à l’hospice de l’Antiquaille pour des accidents syphilitiques.

En présence de ces deux plaies atones du cuir chevelu, d’un rouge cuivré, causées par les dents d’un syphilitique, devant l'existence de nombreux ganglions cervicaux survenus un mois après le traumatisme et les céphalées récentes, on pense à une inoculation de syphilis.

Le diagnostic de M. Rollet est d’ailleurs confirmé par une roséole actuellement presque généralisée, et ayant débuté le 6 mai (cinquante-cinq jours après l'inoculation).

M. Rollet fait remarquer que cette observation est intéressante à plusieurs points de vue: d’abord le siège des chancres est tout à fait insolite. En second lieu, les circonstances dans lesquelles s’est faite l'inoculation ne sont pas moins extraordinaires.

Cependant, M. Rollet se souvient avoir vu autrefois, dans le service de M. Horoud, un chancre syphilitique du doigt,résultant d'une morsure faite,conime ici,au cours d’une rixe.

Enfin, au point de vue médico-légal, la présence de la dent dans l’abcès sous-épicranien est à retenir : c'est une

pièce à conviction,

OBSERVATION XH

(D: Wilhelm Vajda, Wertere falle von entra-genital syphilis. Pester Med. Chir. Pres., 19 avril 1896.)

Chancre du sommet de la tête

Un jeune garçon de six ans a été infecté par sa mère qui était traitée depuis trois mois pour la syphilis. L'examen a montré sur le sommet de la tête un chancre induré de la grandeur d’une pièce d’un demi-kreuzer (une pièce de 5o centimes à peine), chancre qu’on peut facilement prendre entre les doigts. Au milieu du chancre il ya une érosion de la taille d’un pois et sur le côté gauche du cou un ganglion de la grosseur d’une noisette, ayant la consistance du cartillage. Sur la nuque on trouve également quelques ganglions de la grosseur d’un haricot, Il y avait des plaques muqueuses sur le voile du palais et les

amygdales.

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