‹ Thèse Pour Le Doctorat En MédecineChapitre 32 sur 33 · OBSERVATION XXX VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXX VIII

(Sée et Druelle, Archives générales de Médecine

Paris, 1904, p. 3291.)

Chancre syphilitique du cuir chevelu chez un enfant

de cinq ans

Le cuir chevelu est une: des localisations des plus rares de l’accident primitif de la syphilis. Au petit nombre de cas qui ont été publiés, nous venons ajouter l’observation d’un chancre syphilitique du cuir chevelu développé chez un jeune garçon de cinq ans ; les caractères de ce chancre étaient suffisamment typiques pour permettre d’en porter le diagnostic avec certitude, mais il ne nous a pas été donné d’en déceler le mode étiologique et de trouver la raison de sa localisation insolite,

Le jeune René AÀ..., âgé de cinq ans, est amené à la consultation de l'hôpital Saint-Louis, le 22 juin 1904. C'est un ancien client de l’hôpital,car il a déjà été soigné à

partir du mois de juin 1904 pour un prurigo grave. Aussi,

ne portons-nous pas grande attention ce jour-là à une plaie grande comme une pièce de 2 francs, d'apparence irrégulière et couverte de croûte.que l’enfant porte sur le cuir chevelu au-dessus de l'oreille gauche.

Lorsqu'il revient huit jours après, nous ne soiimes pas peu surpris de voir sur son corps entre les traces ‘de prurigo ancien, une éruption roséolique encore peu marquée mais bien nette, sur la nuque, sur la partie inférieure :du cuir chevelu, et derrière lesquels se voient les éléments papuleux. Autour de ce placard sont disséminées des papules rondes, sèches, de la dimension d’une lentille; un grand nombre ont leur centre un peu déprimé avec une squame et une croûtelle. En résumé, ce sont des syphilides papulo-squameuses typiques. Une des commissures

labiales porte une petite éruption rosée.

Nous examinons alors plus soigneusement la plaie du cuir chevelu dont la forme était masquée par les croûtes qui la recouvrent. Celles-ci enlevées, apparaît une ulcération superficielle, nettement arrondie, à fond gris sale caractéristique, à base indurée. C'est sans aucun doute l'accident primitif. Mentionnons enfin un gros ganglion induré retro-auriculaire et de nombreux ganglions cervi-

caux postérieurs.

Quelle est l’origine de ce chancre ? C'est ce que n'a pu nous apprendre l'interrogatoire auquel nous avons soumis la personne qui nous amenait le petit malade et qui, du reste n'était pas sa mère. En décembre dernier, atteint de bronchite, il avait été reçu à l'hôpital Trousseau ; il en était sorti au bout d’un mois pour y rentrer de suite avec

la rougeole et y rester encore trois séjours successifs d’un

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mois séparés par huit jours d'intervalle; il était enfin revenu depuis à peu près quatre semaines.

A son retour, il était porteur d’un chancre sans qu’on put dire depuis combien de temps ni où il l'avait contracté. Pendant son séjour à la campagne, il avait reçu une pierre à la tête ; aurait-elle été la porte d'entrée par où le virus serait entré postérieurement ? Nous n'avons

puavoir aucun renseignement à cet égard.

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