DU CHANCRE DU CUIR CHEVELU
Les chancres du cuir chevelu donnent lieu à une adénopathie souventtrès marquée,nous allons examiner la symptomatologie et la localisation de l’inflammation ganglionnairesuivantque le chancre porte sur une région ou une autre du cuir chevelu. Nous aurons à étudier successivement le chancre de la région avoisinant le front, les chancres de la région pariétale et temporale, le chancre de la région occipitale,enfin,ceux du sommet de la tête.
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ÉTAT DES GANGLIONS DANS LE CHANCRE DE LA RÉGION FRONTALE DU CUIR CHEVELU
Des chancres, occupant la partie antérieure du cuir chevelu dans la région voisine du front, ont été observés par Gluck (obs. XXVI), par Vaughan (obs. XVII), par Taylor (discussion de
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l’'obs.X VIT) ; mais ces auteurs nous donnent peu de renseignements sur le retentissement ganglionnaire des chancres qu'ils ont vu. Seul Rille (obs. XV) nous fournit quelques détail à ce sujet.
Dans le cas de Vaughan, le chaucre portait sur un point alteint de calvitie à la partie antérieure du cuir chevelu.
Dans la discussion qui suivit l'observation de Vaughan àla Société de Dermatologie de New- York, deux cas analogues furent mentionnés par Taylor et par Allen. Taylor avait vu un chancre de la dimension d’un demi-dollar d’argent près de la limite des cheveux sur le front d'un jeune homme qui présentait, à cet endroit, plusieurs égratignures.
Le D’ Allen observa également un chancre sur la bordure des cheveux ; le sujet avait l’habitude de se gratier à cet endroit. |
Nous avons déjà mentionné le cas de Gluck en relatant l’étiologie des chancres du cuir chevelu. Nous rappelons qu’il s'agissait d’un paysan Bosniaque qui s’étail fait raser la tête suivant la coutume de son pays. Quelques semaines plus tard apparut un chancre qui siégeait sur le côté gauche du front à la limite d'implantation des cheveux.
Rille nous décrit,au contraire;avec beaucoup de précision, l’adénopathie de son malade : « Il y a, dit-il, sur la ligne médiane du front, une région très étroite dont les vaisseaux lymphatiques vont aux canaux lymphatiques du nez qui s’anasto-
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mosent avec les vaisseaux lymphatiques de la face pour aller aux ganglions sous-maxillaires. »
Aussi, est-il normal que comme conséquence de ces données anatomiques, Rille constate que les ganglions sous-angulo-maxillaires du côté droit soient en chapelet et plus gros qu'un œuf de pigeon, très proéminents et que, par suite, ils empêchent d'ouvrir la bouche. Les ganglions correspondants du côté gauche sont moirs augmentés de volume, à la hauteur du pli de flexion du cou,ils sont de la grosseur d’une noisette.
Les autres vaisseaux de la région, dit Rille, se dirigent sur le vertex et sur la région de l'artère temporale superficielle. Ils débouchent dans les ganglions lymphatiques de la région parotidienne. Il est d'ailleurs d'accord avec les anatomistes français (Testut, Traité d'anatomie descriptive, p. 378), qui nous disent que dans ce trajet les lymphatiques frontaux se dirigent en bas et en dehors, et descendent au-devant de l'oreille. Rille trouve en effet le ganglion préauriculaire droit plus gros qu’une noisette et fuyant sous la pression du doigt.
La région où les vaisseaux lymphatiques se comportent comme nous venons de lindiquer est tellement étroite que, même dans le cas de Rille, où cependant le chancre est médian, on trouve aussi de l’engorgement des ganglions où aboutissent les vaisseaux lymphatiques pariélaux : ce sont les ganglions mastoïdiens. Ces ganglions, dit
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Rille, sont dans le même état que les ganglions sous-maxillaires et forment avec eux une agglomération unique.
Ainsi, dans les cas de chancres de la région frontale du cuir chevelu, nous devrons chercher l’adénopathie au niveau des ganglions sous-maxillaires, des ganglions parotidiens, parmi lesquels nous chercherons le ganglion préauriculaire,
enfin au niveau des ganglions mastoïdiens.