‹ Thèse pour le doctorat en médecine [microforme]Chapitre 12 sur 44 · ION · texte numérisé non relu

ION

isAtion acbien alarer en fré-

répandue.

mérité; et

n fait irré-

ces et des

1e loin de :

id au con-

religions, vais résuleque, méiser ; c’est là sa hauniveau, et t puissant «

n distinc-

ctrines de

ilisation .

e, les cri-

ais-je en

- ce complément, sans cet'appui, ln civilisation est imparfaite,

Mais, de grâce, qu'y a-t-il “de commun entre la culture de l'intelligence, ce souffle de Diés, entre le développement | des nobles fitultés de l'âme, et cette multiplication insolite

‘de cyimes de tous genres que l’on voit naître dans certains

D'autres, aü contraire, .voiént tout pour le mieux, dans le meilleur, des mondes possibles, -et;ne cessent d’'éléver jusqu'aux cieux, le siècle si éclairé qui les vitnaître, eux ettant + d’autres merveilles, dont l'univers, pensent-ils, est fier à juste . “titre. Pour ces derniers, il n'y à aucun doute : tous les siècles -” qui noûs ont précéüés, étaient plongés dans la barbarie et l'iguorance, et le bienheure siècle dix-neuvième est bien le siècle des lumièreg. Voyez plutôt : les chemins de fer, les bateaux à vapeur, les félégraphés, les développemens immen- an ses de l’industrie, du cotfnerce, etc., etc., etc.

“Et méconraissant ani la noble origine de l'homme et

* 8a future destinée, tout edt au mieux possible, quand chacun'a : . de quoi satisfaire sa soif et son appétit, quand on peut s’abri : . ? ter sous des lambris dorés, voyager avec rapidité, lire, ‘1. de ses propres yeux, les annonces -des journaux, et dresser, | de sa propre main, un compte ou une quittance. Et tout trs

: cela dit-on, c’est toute la civilisation... |

Eh bien non! cela n’est pas toute la civilisation... car la vraie civilisation ne consiste pas uniquement dans les développemens de l’industrie, pas uniquement dans l'instruction, qui est le perfectionement plus Ou moins étendu des qualités de l'esprit ; mais elle doit consister avant tout dans le dévéloppement des, qualités du cœur, effet'que

peut seule produire une éducation morale et religieuse. Sans :

et souvent elle est pire que l’ignorance, | | ‘Non: on ne sait pas tout, on.n’a pas encore tout appris, ©" quand on quitte les bancs de l’école, ‘avec quelques notions -” plus où moins imparfaîtes, plus ou moins approfondies de l’his. -

toire, du calcul, de la géographie ou-de la-musiqu e

là n'est pas non plus toujours le plus civilisé, où n1 | :

Au Al

le plus grand nombre de voies ferrées, de bateaux à vapeur,

. et qui importe ou exporte le plus de ballots de marchandises ; 3:

mais bien celui où règnent les idées les plus saines et les

plus éclairées, celui dont les institütions favorisent le mieux: * le développement de toutes-les vertus. et des nobles élans du.

cœur. RE

Dans aucun siècle, ton on n’a vu les élémens de la science aussi généralement répandus que-dans le nôtre : mais +- cét bon de se rappeler que l’heureuse ignorance, dont parle

cl Evangile, fait éviter bien des défauts que commet une de-

mi-science prétentieuse: cette dernière amène générale-

ment à sa suite l’orgueil, la présomption, cet agacement de l'esprit, ce vague de l’âme, attachée à la poursuite d’un bonhour fantastique, qui s'éloigne à mesure qu’on croit en approcher davantage, et dont la : perte ne laisse, après. elle, aucune compensation, aucun remède. “

Cette civilisation, telle qu’on | l'entend assez généralement de nos jours, doit augmenter d’autant plus le nombre des suicides, que les développemens immenses de l’industrie appellent une plus grande masse de la population auxPjouissances matérielles, et qu’il survient par conséquent, un plus grand nombre de déceptions et de désappointements. ‘

Trop souvent donc on à confondu ces deux mots : ins- LC

truction et éducation : La première peut faire le savant, le littérateur distingué, mais elle ne va pas au-delà; la seconde seule fait l’homme de bien, le citoyen vertueux. Et si trop de véritables savans font fausse route et manquent leur but, par cela seul que leur instruction n’est pas guidéè par l'éducation, qu’arrivera-t-il de tout un peuple de demi-savans, entre les mains duquel on aura confié imprudemment, une arme aussi

dangereuse que la science, sans lui avoir préalablement ne

tré la manière de s’en servir. :

Pour ne citer que quelques exemples, à l'appui de ma thèse :—qui ne voit, dans le nombre si prodigieux de suicides que fournissent les Etats-Unis, le resultat nécessaire et iné-

Ten } matiere de religlon, qui est

1x à Vapeur,

archandises ; :

saines et les

ont le mieux: ‘ ‘ les élans du...

lémens de la nôtre : mais », dont parle met une de-

e' générale- +

yacement de € d’un bonit en appro-

elle, aucune .

“ z générales le nombre e l’industrie | auxPjouisnt, un plus nts. "+ "7

4 e k mots : ins-

savant, le ; la seconde t si trop de ur but, par éducation, s, entre les arme aussi

ment paon- |

pui de ma de suicides ire et iné-

“7 propos comme instrumens de démolition, prénnent d’elles-

devenue pour ainsi dire proverbiale ? Qui ne voit encore dans .*’ée chiffre si considérable dé suicides que présente aujour- | ""d’hui la France, qui ne voit le, derniér souffle d’unc révolu- ! tion que des efforts malheureux cherchent à perpétuer, et le -" reste de ces idées philosophiques et anti-civilisatrices qui ont . empesté.le dernier siècle; ‘ot dont la pernicicuse influence se

fait encore sentir de nos jours ?

Avec les grandes choses qu’elle a engendrées, au milieu des malheurs sans'nombre qu'elle a fait naître, la révolution h semé, sur le sol si fertile de la France, un germe dont la gé- “hération actuelle ne recueille, hélas ! que trop abondamment les fruits empoisonnés; et ce legs'pernicieux passera encore à bien des générations avant de s’étrindre ertièrement. Prenons pour exemple la seule ville de Paris. D'après les relevés de M. Brierre de Boïsmont, de 1794 à 1804, on comptait

107 suicides par-an ; de 1817 À 1824, 334; de 1830 à 1835,

vrai que les statistiques sont faites avec beaucoup plus d’exacti. tude qu'autrefois, il est bien vrai encote qüe la’ population

: est devenue plus considérable ; mais, comme le dit M. Lisle : “ “ cela ne suffira jamais pour rendre compte d’une augmen- 7 tation de plus de 56 en moius de 60 ans. ” sl

Heureusement, tout Iemonde reconnaît et avoue qu'un

changement pour le mieux se manifeste de nos jours, dans : les esprits, et que le retour à la véritable philosophie est en voie de progrès; etil suffit pour s’en convaincre e sonder l’esprit qui anime les-débats et les travaux des différents corps savans et littéraires de ce pays. Il est bien consolant de son

-ger que les sciences et les lettres, dont on s’ést serv) si mal à

mêmes l'initiative, et s'occupent à réparer les brèches nom. breuses qu’elles ont faites à l’ordre social ; mais on démoli plus vîte qu’on ne reconstruit, et il fäudra encore bien des années, probablement, avant que les saines idées aient pris

ii, qui est

sie? / 0 5 PUU

reines assez fortes pour exercer une influence plus gé-

nérale. Aussi, malgré tous lés soins, malgré les peines infi-

q nies que prend un gouyernement sage et échiré pour asseoir 12 l'éducation de la jeunesse sur des bases plus solides et plus‘ gl morales, il ne faut pas se cacher néanmoins, qu'il-reste en" core plus à faire qu'il n’a été fait jusqu'ici, ct qué, de nos :p° ‘jours encore, la direction imprimée à l'instruction en France ue est souverainement vicieuse. ae: FA de Ho “ Rarement, bien rarement, dit M. Lisle, s’oceupe-t-om""* : + de former le cœur des jeunes gens à mesure qu’on développs me leur esprit. De leurs devoirs comme hommes et comme ci- 1 toyens, il n’en est nullement “question. Que des exemples a k perficieux développent en eux des instincts mauvais, et pervertissent leurs caractères, on ne s’en occupe guère ; c'est, . és

. Si FF. , ae . Ë dit-on, l'affaire de la religion et de l'éducation xligiense. Que sous l'influence d’nne instruction anssi incomplète et

; d'une éducation viciense ou à peu près nulle, toute foi s’é- idé ; teigne en eux, ou prenne la forme de superstitions ridicules ! où Que le jugement se fausse, que la raison S'égare, que le sen- x timent du bieu, du juste ou de l'honnête languisse ou prenne De ; * une direction mauvaise! Qu'importe....……: De là, sans au- SR = cun doute, la perte de toutes les croyances, l'abandon des “él idées’et des pratiques religieuses, cette ressource suprême du pri pauvre au milieu des labeurs de chaque jour. ”- ds Voilà comment s'exprime un médecin, mais un médecin ù , . philosophe et chrétien sur les tlistes résultats de ce ggnre : d'instruction, sans éducation religieuse, qui règne en France ce et. aux Etats-Unis et que l’on cherche À établir au Canada Lies sous le nom d'écoles communes. | | ae “ Sait-on ce qu'il adviendraiït, dit plus loin M. Lisle, si : : PES ç ; on une forte éducation morale était partottappelée à compléter ee

la culture de l'intelligence? L'enfant n’est pas naturellement : mauvais et corrompu. Sa nature, singulièrement mobile et ET ni. oi gale malléable presque à l'infini, se prête avec une facilité mer- noi - veilleuse à toutes les impressions bonnes où mauvaises aux- telli quelles il est soumis. ” Mes recherches statistiques confit. val

ment pleinement ces nobles paroles d’un esprit aussi juste

peines infipour asseoir ides et plus‘ il-reste ens* ué, de nos

) cn France

ne

occupe-t- :

: développs comme ci- S exemples ais, et peruère ; c'est, ieligiense. .

omplète et ute foi. s'é-

s ridicules !

que le senou prenne

À, Sans auandon des uprême du

n médecin ce ggnre en France tu Canada

. Lisle, si compléter irellement mobile et ilité mer- "aises AUXes confit.

ussi juste

l e Quant à nous, Canadiens, SOYONS Sur nos gardes: Jos

” élevé, e’est: parceque son intelligence, confiée : des mains

nicieuse‘que peu intelligente. Sous prétexte de fournir à l'in.

de “ar He ne

qu'éclairé. Et en eftet, si nos hommes de science, si nos litté-

rateurs nesecomPtent Pas par centaines.et par milliers, comme

en France, si leur renommée ne fait pas Île tour du monde;

comm celle de ces derniers, et si leur infériorité err-toug Ÿ RE points est bien constatée, en revanche, l'instruction élémen. es à taire est plus répandue parmi notre peuple qu’elle ne l'est : dans ce dernier pays. Et tandis que l'instruction se mente énormément le chiffre annuel des suicides en France, en Angleterre, en Russio, dans presque tous les pays de l’Europe, ainsi qu'aux Etats-Unis, et qu’elle élève ce rapport jusqu'à

1 sur 8,081 commeen Prusse ; ici, au contraire, l'instruction, dE unie À une forte éducation morale ct religieuse, diminue le

nombre des morts volontaires, et le fait tomber à L'sur : 69,816. | Le | |

ule aug-

idées et les tendances d'outre-mer sont comme Îles niodes : elles parviennent ici, et obtiennent les honneurs de Ja vogue quand déjà leur temps.est passé là-bas. Si, Aujourd’hui, notre vigoureuse population peut faire l'admiration de l'étranger, par sa haute moralité, unie à un degré. de civilisation très

prudentes, a Tecu, eh méme temps que la culture de l'esprit, les soins les mieux entendus pour le développement des nobles instincts du cœur: Fr Des institutions littéraires, des. bibliothèque existent dans toutes nos villes et flans-quelques-unes de nos het -Campagnies ; et les efforts qu’on à faits depuis quelques ae nées, pour propager l'instruction, sont certa nement au-dessus de tout éloge. Mais ces institutions, mis ces livres que l’on met ainsi à la disposition de tout le monde, dbivent être surveillés de près, aujourd’hui surtout que les pays étrangers, la France. en particulier, déversent sur nos rives les pe Bales produits êt les élgcubrations d’une littérature aussi per-

s publiques

telligence, in’aliment qui puisse la développer et la fortifier, n’allons pas lui.offrir un poison mortel, contre lequel les an ete S in 19 = - # v

Ant DEC .

Mme. de Staël, qu’on n’accuséra certainement pas de jé-

suilisme, avouait elle-même que la lecture du Werther, de [0 Gœthe, avait produit plus de suicides en Allemagne que tou- 2% I tes les femmes de ce pays. N LE Ecoutons d’un autre côté ce que dit EeGifirol : MT “ Le suicide est devenu plus fréquent en Angleterre, de- él puis l'apologie qu'en ont faite les Donne, les Blount, les Gil- b don, etc. Il en est de même en France, depuis qu’on a écrit te en faveur de l'homicide volontaire, ct que les uns l’ont pré- d senté au publie comme un acte de notre libre arbître, et que ‘ec ‘les autres ont soutenu que ce n’était qu’une maladie. ” ét /. La publicité que donnent les journaux aux faits de ce , tô genre,'la forme sous laquelle ils les présentent au public, la- Pa minutie avec laquelle ils en détaillent, éons forme de faits di- FE vers, les péripéties et les plus légères circonstances, ne peu- sd vent produire que les plus mauvais résultats. de Les amis de l'humanité, dit encore, Esquirol, doivent e réclamer contre la publication des ouvrages qui inspirent le mépris de la vie, et vantent les avantages de la mert volon- je taire. Ils doivent signaler au gouvernement les. dangers qui k résultent de mettre sur lascèné les infirmités auxquelles : l'homme est exposé! Les exemples fournis tous les Le jours à l’imitation sont | et funestes; et tel indi- tes vidu, poursuivi par lesrevers ct par le chagrin, ne se serhit PF pas tué, s'il n’avait lu dans son journal l’histoire du suicide val d’un ami, d’une connaissance. La liberté d’écrire ne saurait reli É | prévaloir contre les vrais intérêts de l'humanité. ” | g° :* Si doncon ne peut rejeter sur le compte de la civilisa-- s tion, bien entendue et bien comprise, le nombre toujours ". or croissant des morts volontaires dans certains pays; d’un au- : ns tre côté, n’a-t-on pas exagéré un peu son influence sur le doi é chiffre des suicides involontaires, consécutifs À l'aliénation Lips mentale. . jou “ Plug la civilisation est développée, dit Esquirol, plus Fe

le cerveau Est excité, plus la susceptibilité est ti plus les -

t pas de jé- Werther, de

ne que tou- ‘+

leterre, dent, les Gill'on à écrit ; l’ont préître, et que lie. ”

faits de ce 1 public, lade faits di- 8, ne peu-

ol, doivent nspirent le 1grt volonangers qui auxquelles s tous les t tel indi- 1e se serâit lu suicide ne saurait .

la civilisa-*

> toujours ; d’un auice sur le aliénation

irol, plus

e, plus les ©

Pa

s | TT | 49

2 ‘ L PR . Non More besoins augmentent, plus le: désirs sont impéricux, plus les causes de chagrin se multiplient, plas les &liénations mentales sont fréquentes, plus il doit y avoir de suicides. ””

Que la folie, dans toutes ses variétés, ait gagné beau: coup en fréqrence“depais q'ielque+ années, rien de plus vrai : les relevés statistiques de tons les pays le démontrent, bien qu'on ait exawéré parfois cet accroissement, en ne tenant pas compte de ce fait important, que le nombre réel des aliénés se calenle plus facilement, aujourd'huiqu’ils en-

-combrent les hospices,' qu'autrefois, alors que ces retraites

étaient en légitime horreur.:Qne l'instruction’ seule, ou plutôt cette demi instruction, ce quart d'instruction, : qui est. le partage d’une trop grande masse de la populatior, dans certains pays, ait pour effet constant d'exciter le cerveau, de

-“æendre la susceptibilité plans active, les besoins plus impé- :

ricux, les desirs et leæ chagrins plus multipliés, rien de plus

vrai encore; mais rienhe saurait, mieux démontrer la vérité de la thèse que je supporte, à savoir, que l'instruction seule n'est pas laMéritæble civilisation, et que sans une forte édu-

cation mOtäle, elle produit plus de mal que de bien.

Mais que l'on enseigne an peuple les dogmes de la” .

vérité chrétienne, que.l'on iniiltre dans son âme, en nmiême temps qu'on lui inculque les éléments de la science, les principes d’une philosophie sage et éclairée, ct alors on aura mis le remède a côté du mal ; en ceffet, cette éducation religieuse ne lui âpprendra-t-ellé pas à dompter les exigences dé son cœur et de son esprit, à calmer ses passions,

et à cntempler d’un. œil serein taus les orages passagers

de la vie humaine que nous appelons malheurs ? :

:: Ainsi donc, ce n’est pas la civilisation véritable qu’on doit rendre. responsablè de cet accroissement dans la fréquence de l’aliénation mentale, mais bien les passions de toute espèce-ue l’on surexcite de mille manières, dans notre siècle, surtout par uneinétruction mal éclairée, sans 8’occuper

de modérer et de guider leur ardeur par le frein de l'éducation.

Mais, même en admettant que la civilisation augmentât le

LA

CE

‘nombre des aliénés, devrait-on en conclure, à priori, comme, . Esquirol, que l’accroissemént dans le chiffre des suicides dût

en être une conséquence toute naturelle. Permis au moins de concevoir quelques doutes à ce sujet.

En effet, ne pourrait-on pas répondre à ce savant Æ Fil est. vrai que la civilisation multiplie le nombre des fou nè-ré-

°: pare:t-elle pas, en partie, le tort qu’elle peut faire, pat la ten- —

dre sollicitude dont elle entoure ses malheureuses victimes, et en rendant chaque année à un si grand nombre, par ses soins et ses efforts bien entendus, ce qu’elle leur a fait perdre ? ? : N'est-ce pas la civilisation elle-même, n’eët-ce pas l science qui, grâce aux travaux des Pinel, des Esquirol et de tant-d’autres, a couvert les cachots où gémissaigat tant de malheureux, depuis un si grand nombre d'années ? N'est-ce “pas la civilisation qui a fait tomber leurs chaînes, et qui, enfin, leur rendant pleine justice, nous a habitués à voir en eux . des hommes et non des monstres, à pleurer sur leur infortune : au lieu de les accabler dans leur malheur ?

Combien de maniaques dans cette faule innombrable de “sorciers, de magiciens, de possédés du ‘démon, dont les siècles du moyen âge, qui ont vu pourtant la renaissance des arts et des léttres, nous ont légué la lamentable histoire ?...… Malheureuses victimes bien souvent d’une intelligence garée, surexcitée, et qui n’allaient que trop fréquemment expier, dans les tortures où: sur le bâcher,des actes que la.civilisation seule aurait pu pren et qu [ue n "aurait certainement pas châtiés.

Aussi, un nombre -immensé a ves ‘infoitunés préve- |

naient-ils par le suicide les tourments qui les attendaient; et, tandis que l’histoire de ce temps n 'enrégistre . qu’un très petit nombre de suicides volontaires criminels, celui des suicides consécutifs À la folie a atteint alors, un chiffre inconnu, avant comme après cette époque.

Enfin combien d'aliénés ne doivent-ils pas échapper

” aujourd’hui au suicide, grâce À la surveillance active exercée

sens ces nombreux hospices, élevés par la main!de la civili-

near

; 6t dont le nom seul, il n'y a pas cinquante ans,

ri, comme.

uicides dût u moins de

nt s'il est.

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tendaient; tre . qu’un nels, celui un chiffre

échapper ve exercée le la civili-

- réveillait le souvenir des chaînes, des tortures, et de toutes les horreurs de la prison! Aujourd’hui, riches et pauvres. ‘ nobles et roturiers ne craignent plus d'envoyer léur parents | ou leurs amis dans ces asîles, où l’on ne comptait autrefois que les victimes lés plus misérables de l’aliénation mentale.

naute ans,

+ 1 ARTICLE VIII

DU SUICIDE EPIDEMIQUE.

Qui n’a pas remarqué, l'influence de l’imitation sur l’esprit humain, influence qui se fait sentir jusque dans les plus petits détails de notre maintien, de notre ‘conduite, et nous force, malgré nous, et À notre insçu, à nous assimiler les dé- -” fauts, comme les bonnes qualités des personnes avec lesquel-

les nous sommes journellèment en contact !

La puissance de l'exeniple ne connaît pas de limites, et.

l’enfant, soumis dès le plus bas âge à son empire, fait renaf- À tre‘ipvolontairement en lui, hon seulement les qualités morales, maïs encore les attributs physiques dont ses parents lui d ont légué, bien souvent malgré eux, le triste héritage. N'est-. " - cepas, en partie, lé génie de l’imitation qui frappe d’une même * * .çempreinte et tous les membres d’une même famille et tous . les individus d’une même nation, et qui fait qu’ordinairement, du premier coup-d’œil, on peut leur assigner ou leur Te origine ou leur localité. L'Européen, transporté däns ‘les fo- T rêts de l'Amérique, et adopté par les tribus sauvagessne tar-. ce dait pas à perdre les indices de sa nationalité, et à devenir, de tant au moral qu’au physique, aussi barbare que l’enfant des 2e bois lui-même. L’Anglais, qui a pas$é une partie de sa vieen de France, échange peu à peu le phlegme et la roideur britan- : A niques contre la vivacité et l’enjouement du peuple français ; sa on peut en dire autant du Français, de l'Allemand, et de de tous les peuples de l'Univers soumis aux mêmes conditions. eh Quel médecin encore n’a pas observé, à maintes repri- ” — ses, cotte puissance de l'exemple et de l'imitation eur le déve-__‘ É loppement de certaines maladies! La présence d’une femme, de

sur l’es-

CE La -@éteinte d’hystérie, dans une sallé d'hôpital, n’a-t-élle pas sufhi, bicn souvent, pour que cette affection devint générale, et s’étendit à toutes les femmes qui avaient été témoins de ces NRA See Ne suffit-il pas souvent qu’une nourrice bégaye ou louche, pour qûe le nourrisson confié à ses soins, devienne lüi-même affecté des mêmes défauts !

Et cette foule innombrable de maniaques, de possédés de flagelleurs, etc., ete., qui infestèrent les siècles du moyenàge, et dont j'ai dit un mot dans l’article précédent, -à ..

et qui fixera toujouts,

quoi attribuer. leur prodigieuse multiplication, si non à les plus “ Ceffe même puissance de limitation? “Je tiens, dit un et nous RfIvain de cette époque, que les sorciers pourraient dresser rles dé. e armée aussi formidable que celle de Xerxès, qui estoit lesquel- éanmoins de dix huit cents mil hommes. ” __æ ; 2 Enfin, n'est-ce pas encore l'influence illimitée de l'exemmites, <e ple qui a fixé, dans tous les temps, it r'enaî- parfois en dépit du bon sens et du bon goût, l'empire souve-. tés mo- rain des coutumes, des usages et des modes? On ne doit rents lui donc pas être étonné ni surpris, après cela, si le suicide est: e. N'est- ue sourñis lui-même au caprice de la mode et de la. fantaisie, et 1e même * si on le rencontre parfois sous une forme dite épidémique. ? ne $ J’ai déjà eu occasion de mentionner un exemple de cette . Les ie variété qui eut lieu dans les commencemens de Rome, sous ie Tarquin : ces exemples devinrent encore bien plus fréquents Er sous l'empire, et Tacite rapporte, entre autres, celui des sol- : voue dats d’Othon qui se suicidèrent en grand nombre, après la fant As mort de leur chef. Plutarque a rapporté l'exemple des filles dé de Milet, auxquelles ‘ il prenait à toutes une soubdaine. en- : ar 6 ; vie-de mourir, et un furieux appétit de s’aller pendre. ” Esfrançais: © quirol en a signalé un grand nombre qui ont été reproduits d, et de depuis par tous les écrivains qui ont traité cette question : Lo. ainsi, celui dès femmes de Lyon, qui se précipitèrent en x foule dans le Rhône; celui des filles de Marseille qui se tn ; tuaient, À cause de l’inconstance de leurs amans en “en observa un à Rouen: en 1811, un autre à Stuttgard, etc., ,

etc.

Pas sn tard que l’année dernière, la Californie vensiÿ *

- ajouter à toutes celles qui existaient déjà, une nouvelle preuve | rs

de. cette fatale influence épidémique;.j je laisse parler ici l'E- ]

‘ cho du Paci : Un vent fatal, dit-il, le .vent: du suicide, N

Ë . semble s'être abattu sur notre cité, sur nos environs, Bur : 1

21 - tout lé pays. Les colonnes de la presse nous en apportent ï.

chaque jour de nouvelles preuves. En pensée 8 ’effraie de cette ne

: insolite accumulation d'événemens similaires, qui paraissent ë ce

"+, ‘s'être donnés rendez-vous pour appäraître en même temps, Ô

UE et couvrir d'un Yrèpe funèbre l’époque de l'angée où nous * t

| .sommiès. ” "Et pendant plusieurs semaines, les colonnes de , | j

,.' : ‘cette feuille ne cessèrent d’enrégister les cas de suicides qui

Re succédaiènt avec une fatale rapidité." ? ee d

: Pour rendre com: te ! de cet pr vertes, qui saisit L:

Es 0

. et. dont.lé mode du. serait analogie | à celui qui UE

concourt au : ‘dévelgppément dés épidémies: ordinaires ; tan- f

tôt on a chérché à l'expliquer par.dés influences morales, dé- fi

terminées par les boulevg'semens politiques, les mAIHEUrS de ÿ ° h

la guerre, etc. Fe) SUR - Pr ; d

‘ I serait dificil de nier toute espèce d'idfluenée à l'at. r

mosphère ; mais si cette dernière agit en quelques manières, d

. ..'. ce ne peut être quepar ses qualités barométriques, hygro- * RE métriqües et surtout thermométriques, dont l’action est si A

puissante sur le développement de l'aliénation mentale. P

Les révolutiog politiques ou morales favorisent incon- ‘4 d

testablement le penchant au suicide, sous toutes les formes : "..n

mais, d’un autre côté, on a vu le suicide épidémique se mani-- |

Fe fester dans des temps de calme, de paix et d’abondance. bi

» ‘Sans donc réfuser quelque puissance aux causes que je viens de mentionner, il me sergble néanmoins que celle dont. . l'action est la plus manifeste et la plus évidente sur le’sui- eide épidémique, c’est cet esprit d'imitation que chacun de : nous porte en soi, et à un degré plus ou moins grand, suivant son impressionabilité ET ou moins forte. ‘“ Pourquoi cela

ie venait:

se passe-t-il ainsi, dit M. Liske, nous ne, välons pas l'explis

le preuve , quer. Il y a là comme une attraction merveilleuse, quine : -iilÆ peut mieux ge comparer qu’à cet instinct irréfléchi et tout- 6 suicide, k “puissant qui nous incite, à peu près à à notre, insu, à répéter "ons, sur ‘ . les actes dont t hous ayons été témoins, et qui oi at agi viveppôrtent . Ment sur nos sens ou sur notre imagination. ‘histoire des a de cette . ‘. moutons de Panurge est une de can alégories qui ne vieillis- ne araissent : sent jamañs: Elle est encore vraie aujourdhui, t-elle le sera “4 e temps, demain. ommes ou femmes, jeunes ou vieux, ages où fous, :. où nous ‘© . tous tantque nous sommes, nous subissons plu ou moins le. : # nes le PR joug de cette loi inexorable. ds : e : J cidesqui .:+ On doit en dire’ autant de cette variété de. uicide,' à la | ot quelle on a donné leaoni de suicide héréditaire. [Bien que cé qui seit nom puisse être conservé, je né crois pa ‘qu'ôn. oiveluiatta’ IseS MyS; . ” cher la même signification que- lui’ont. donnée là plupart des ; l'atmos- ù auteurs, qui veulent qèe cette:tendance au suioille soîttrans- Fe celui qui Ô ‘mise de père en, fils, à l'instar de certäfnes in iés, la scrores; tan- fule, le rhumatisnié ; ce qui natendrait à mbins. qu'à rales, dé- . faire du suicide Hs majadie. Si le. snicide’8 8e : ra smêt commé fheuré de N «héritage des parens aux enfans, | ce'ne peut tré ‘qu’en vertu MALE 2. ‘d’une contagion moralé, .dont-la reproduction s'’éffectue sous Do A lite +. le souffle tout püisdnt. de l'exemple, et'de ‘cet instinct secret, é nanières, dont parle-M. Lisle, q mi nôus porte à faire. ce, que les autres : s, hygro- De aa qe et surtout ce que no8 pères.ont fait, ; % " Sn cel . Lors de mon passage À Lyon, êh 1856, les jotrnaux rap tale.. : arièrant l'exemple suivant de suicide héréditaire! qui venait NAT es :@ d'avoir lieu dans lès environs de cette ville : deux frères ve-. ae : ‘ ‘nâient de se donner la mort; leur frère s'était suicidé, ainsi be , que’quelques-uns de leurs ôncles, et aussi léur aïeul et leur Da6 bisàïeul. Tous les Ouvrages: de médecine légale rapportent en- Ne EE core un grand nombre d its analogues. ne 28 que je Be elle dont.

ir le sui- .

hacun de :

, Suivant quoi cela

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