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du coupable, on suspend ces cheveux à un des poteaux du cimetière ; et voilà tout... Dans les peines religieuses aux-
. quelles les condamnent parfois les missionaires, on remarqite ‘avec bonheur les coutumes et les usagés de la primitive . Eglise; c’est ainsi qu'un châtiment très grand pour eux, : consiste à être condamné à passer un temps plus ou‘ moins long, à genoux, dans le vestibule de la chapelle. es .
La vivacité de leur foi fait qu’ils ont peu ‘d'attache aux biens d’ici-bas, et qu’ils abandonnent cette vie, sans peine et sans regrets, dans l’espoir d’une vie meilleure. Leur suprême consolation sur leur lit.de mort, c’est de pouvoir se mettre en. paix avec Dieu et avec leur conscience, et de mourir au chant des cantiques, pratique qui est. générale chez eux. Voilà donc quel est l’état moral et intellectuel de ces différentespeuplades, que nous, hommes civilisés, nous nous obstinons . toujours à traïter de sauvages, et qui, pourtant, en fait d’instruction et d'éducation véritables, peuvent être données comme modèles à toutes les nations du globe, même aux mieux policées. LE , :
Quant au reste de leur vie, c’est toujours la chasse, tou- * jours la pêche, toujours la vie du wigwam, etrien ag monde ne saurait les engager à échanger leurs conditions d’existence contre l’état sédentaire des nations civilisées. Est-il besoin de dire, après tous ces détails, due le sui- cide est éntièrement inconnu chez ces sauvages ? Aussi, le Révérend Père Durocher n’a-t-il pu s'empêcher de manifester un sentiment dé surprise, lorsque je lui posai une semblable question. Le fait est que depuis 1829, jusqu’à aujourd’hui, il n’y a pas eu un seul exemple de suicide chez aucune de ces tribus. ae |
IT. De ces tribus si sincèrement chrétiennes et. si ferventes du Canada, passons à l’examien de quelques-unes des ‘ peuplades sauvages, qui sont disséminées dans le territoire de l’Orégon, et où le zèle de nos missionaires est encore occupé, de nos jours, À faire pénétrer les lumières du christia- “'
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| ‘Je tiens les renseignemeuts suivants de M. l'Abbé
Bolduc, prêtre Canadien, qui, Pendant 9 années, a vécu comme missionaire au milieu de ces sauvages. $
Deux choses ressortiront surtout de la considération de
ces détails, qui ne tendront päs peu à corroborer les
. Opinions que j'ai émises, précédemment, dans ma thèse ; je
19. Que le suicide n’est pas toujours l'apanage exclusif d'une civilisation. plus ow moins avancée; 29, Que le suicide est en
corrélation directe chez les sauvages, comme chez les peuples ci- : … vilisés, avec l'état des idées religieuses.
M. Bolduca habité dans des Pays complètement payens, et dans d’autres où la population était moitié chrétienne, et moitié payenne. | al 00e
Cette population, répartie suivant les croyances, se divise à-peu-près comme suit : 7
Chrétiens... tiers 0 000 FAYODR dre donne 4,000
Durant l’espace de 9 ans, 13 cas de suicides sont venus
à la connaissance de M. Bolduc, dont 3 cas, chez les chré-
tions, les dix autres, ‘chez les payens ; ce qui fait une propor- tion de | : de
1 sur 8,600 pour les Payens.
NAN 1 “ 9,000 pour les Chrétiens.
Une grande cause de suicide chez tous ces sauvages, c’est le sentiment de la jalènsie, qui est porté à un point d'autant plus élevé chez eux, que la polygamie y règne avec
tous 8es désordres ; aussi, de ces 13 cas, 8 étaient dus à cette passion.
“ On comprendra facilement, dit M. Bolduc, que chez les infidèles de l’Orégon, le suicide doit être assez commun, lorsqu'on saura qu'ils sont sous l'impression qu'après leur inort, ils sont libres de revenir habiter d’autre corps, ou de demeurer dans le pays des morts, si cela leur va bien.—Là, ils croïentque tous seront à-peu-près sur le même pied, à l'exception des exclaves et des grands criminels qui y seront
toujours mal vus,et feront peur aux morts.”
Mr
; + É . | je 126
Un jour que le miskionaire réprimandait un très méchant sujet, qui avaittué son père et sa mère, et qui, de plus, menaçait de tuer une de ses tantes, le sauvage: répondit :
“ Tu ne dois s pas être étonné de ma méchanceté ; car mon âme a longtemps été celle d’un ours gris, et je me propose d'habiter le corps d’un tigre (jaguar), après ma mort, pour :
.. me venger de mes enhemis. ”
- Cheztces sauvages, on ne se débarrasse pas par les tortures et par la mort des prisonniers de guerre (hormis que:lè prisonnier soit un Blanc), mais on les vend comme ar
Or,. il arrive souvent que les chefs des tribus, se voyant vaiti-+ cu
eus à la guerre, préfèrent se suicider, que de tomber entré”. les mains des vainqueurs, pour être ensuite vendus comme
. esclaves. (Car l'esclavage, s’il imprime une tache. ineffaçable )
à la réputation d'un guerrier, le déshonneur est encore bien
” plus grand pour un chef dent la honte retombe alors surtous .. ceux de sa tribu : “ Ton chef a été vendu com ‘un chien, comme un, cheval ”, voilà l'insulte la plus . sañ£lante qu’on ‘puisse jeter Na face de ces sauvages.
Le suicide s'exécute généralement par la pendaïson +
pour les gens ordinaires ; maïs les chefs et les personnes de distinction ont recours à leurs fusils, dont-ils lâcherit la dé- ' tente avec leur pied ; à défaut du fusil, ils emploient le cou- : teau de chasse, avec lequel ils se percent le cœur. Chez quelques peuplades, l'usage du poison est connu.
Voilà donc un exemple de nations purement sauvages, où le suicide se rencontre, dans des proportions beaucoup plus élevées que chez n'importe quel peuple civilisé ; et la seule explication rationelle de cette multiplication extraordinaire dé morts volontaires chez elles, ne peut évidemment se trouver que dans les préjugés d’une fausse éducation, et .
“surtout dans l'influence d’une doctrine religieuse, qui, bien. loin-d'opposer un frein au suicide, tend, au contraire, à en favoriser le développement. Comme chez les peuples de l'Asie, la métempsycose est la base des: croyances de ces press et la même cause. produit chez eux les mêmes effets.