‹ Thèse Pour Le Doctorat En MédecineChapitre 3 sur 28 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Les malades que nous nous proposons d'étudier dans notre thèse, forment le groupe actuellement désigné sous le nom de persécutés-persécuteurs.

Nous ne voulons pas comprendre sous ce nom les aliénés perséculés qui, harcelés par des hallucinations de toutes sortes, systématisent leur délire et arrivent à devenir dangereux ; tels sont les délirants chroniques, tels sontencore les dégénérés à délires systématisés de persécution.

Les persécutés-persécuteurs forment une classe spéciale qui doit être rattachée à la grande famille des dégénérés.

Issus de parents {arés au point de vue cérébral, ils présentent tous les attributs de la dégénérescence mentale et leur délire n’est que l’exagération pathologique de leurs dispositions cérébrales défectueuses.

Cependant leur physionomie est assez caractéristique pour qu'on puisse les isoler d’une manière bien nette et en former un groupe clinique avec sa sympltomatologie propre. Chez ces malades les actes offrent un caractère maladif, les hallucinaïions sont absentes ou secondaires. L'élément essentiel de leur délire est une activité fébrile l2s poussant à accuser et à attaquer.

Esclaves d’une idée de vengeance devenue pour eux une obssession, ils passent leur existence à poursuivre avec un acharnement incroyable ceux dont ils se croient les victimes. On peut dire qu'ils sont plans persécuteurs que persécutés. Ce sont avant toutdesaliénés lucides, capables de faire quelquefois

. bonne figure dans le monde qui les considère comme des origi-

naux plutôt que comme des malades. Inspirant des sentiments de curiosité bien plus que de défiance, ils ne sont l'objet d'aucune surveillance et n’en sontque plus dangereux car leurs réactions maladives les poussent à commettre les actes les plus regrettables. Les persécutés-persécuteurs attirentle plus souvent

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l'attention de lajustice avant d’être soumis à l'examen du médecin aliéniste.

Leurs actes ont été l'occasion de débats retentissants et ont à diverses reprises passionné le public qui les tient pour des êtres bizarres, jusqu'au moment où un meurtre commis avec éclat fait regarder avec épouvante ces meurtriers .irresponsables.

L'étude des persécatés-persécuteurs a été faite à différentes reprises, mais en raison de l'intérêtqui s'attache à ces malades. nous croyons qu'il n’est pas inutile d'en présenter de nouveau un tableau clinique. Nous rapportons à cette occasion douze observations dont 9 personnelles que nous avons recueillies pendant notre internat dans le riche service de notre maitre, M. le Docteur Magnan à l'asile Sainte-Anne.

Mais avant de commencer l’exposé de notre sujet, nous sommes heureux d’adresser ici tous nos remerciementsaux maitres qui ont bien voulu nous guider dans le cours de nos études médicales.

Nous n'oublierons jamais les excellentes leconsrecues pendant nos années d’externat dans le service de MM. Labbé, Michaux, chirurgiens des hôpitaux, Gombaull, Gouguenheim, Fernet, médecins des hôpitaux. C’est avec émotion que nous nous rappelons l’époque où, gravement atteint par une fièvre typhoïde, nous fûmes soigné à l'hôpital Beaujon avec une sollicitude de tous les instants par M. le docteur Fernet pour lequel nous conservons les sentiments de la plus respectueuse sympathie.

Nous remercions M. le docteur Blin de la bonne année passée avec lui à la colonie de Vaucluse. Monsieur le Docteur Kéraval a été pour nous un maître éclairé, nous sommes heureux de lui témoigner ici toute notre reconnaissance.

Que M. le docteur Magnau, membre de l'Académie de médecine, veuille bien accepter l'hommage de notre gratitude pour les précieuses lecons que nous avons puisées dans son enseigne ment et la bienveillance qu'il nous a témoignée.

Monsieur le docteur Vallon, médecin en chef de l'asile Ville- Juif nous à toujours accueilli avec une amitié que nous ne saurions oublier. Monsieur le docteur Roubinowitch, chef de clinique à la faculté de médecine, a bien voulu mettre à notre disposition pour l'historique de notre thèse les lecons inédites

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faites par lui à l’asile Sainte-Anne, nous lui exprimons toute notre gratitude.

Nous avons eu le bonheur de trouver en M. le docteur Thoinot, médecin des hôpitaux, agrégé de la Faculté, un maître qui à été pour nous un ami et un guide assuré, nous lui adressons l'expression de la profonde reconnaissance que nous lui

avons vouée.

Que M. le professeur Joffroy veuille bien agréer lous nos remerciements pour l'honneur qu'il nous à fait en acceptant la présidence de notre thèse.

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