‹ Thèse Pour Le Doctorat En MédecineChapitre 7 sur 28 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Etude clinique

Etat mental et symptomatologie.

Les persécutés-persécuteurs sont une catégorie de dégénérés chez lesquels les anomalies du caractère et de la conduite sont. prépondérantes. Le délire de ces malades n’est autre chose que l’exagération pathologique des dispositions cérébrales défectueuses qui constituent le fond même de leur état mental.

Comme la grande majorité des dégénérés, ils sont le plus souvent redevables à la {are héréditaire de leur déséquilibration. IL est fréquent de trouver parmi leurs ascendants, des aliénés, des alcooliques, des hystériques, ete.

La dégénérescence est la règle chez tous les persécutés-persécuteurs et s'accompagne des stigmates qui l'aflirment objectivement, tels que l’asymétrie faciale, l'insertion vicieuse des dents, la voûte palatine rétrécie ou ogivale, des vices de développement du pavillon de l'oreille, lestroubles congénilaux du langage articulé, biésité, bégaiement, les anomalies des organes génitaux, etc. :

Les stigmates psychiques sont de beaucoup les plus nombreux et les plus importants. Ils se manifestent dans tous les modes de l’activité cérébrale. Il n°y à pas chez le persécuté-persécuteur celte harmonie des divers centres qui préside chez l'homme normal au fonctionnement du cerveau.

Dans la sphère intellectuelle, ce qu'on observe de.plus remarquable c’estle développement inégal des facultés. Le plus souvent l’imagination est brillante, l'élocution facile, la mémoire étendue,

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Il faut avoir vécu avec les persécutés-persécuteurs pour savoir combien leurs facultés peuvent être développées ; ils parlent, écrivent avec aisance, quelquefois même avec esprit et sont capables de faire bonne figure dans la société : Paganel, Cotton, pour ne citer que ces exemples, étaient doués d’une mémoire prodigieuse et dialecticiens consommés, écrasaient leurs contradicteurs sous le nombre et le choix de leurs citations.

Mais à côté de ces facultés brillantes, se manifeste un manque absolu de jugement. Toute la vie des malades se ressent de ce défaut capital : ils se lancent inconsidérément dans mille entreprises où 1ls se ruinent, accumulent sottises sur sottises et, loin de reconnaitre leurs erreurs et de s’avouer impuissants, se disent les victimes de la fortune ou de la perfidie.

Il ne faudrait pas croire cependant que les persécutés-perséculeurs soient toujours doués d’une intelligence supérieure.

En dehors de leur ordre d'idées délirantes, ces malades trahissent souvent une intelligence au-dessous de la moyenne.

Les persécutés-persécuteurs présentent des anomalies constantes de l’émotivité et de la volonté. Ce sont presque toujours des émotifs réagissant avec une grande énergie en face de toutes les causes qui mettent en œuvre le côté émotionnel de leur individualité.

En présence du moindre écueil, ils sont poussés par leur instabilité maladive à de violents emportements, irraisonnés et impulsifs. Il est indéniable que cel état d'émotivité perpétuel joue un grand rôle dans la genèse des conceptions délirantes. Le malade est impuissant à se maitriser, car le raisonnement et la volonté n'ont guère d'influence sur ses actes. Les perceptions sont ressenties avec une telle intensité que leur volonté peut se trouver paralysée. Le dégénéré destiné à devenir persécuté-persécuteur subit-il un léger échec dans son amourpropre, la sensation de l’injure s'imprime dans son cerveau avec une telle force qu'elle se répereute el arrive en peu de temps à révêtir la forme de l’idée obsédante, qui se développe dès lors, avec son caractère d’irrésistibilité, envahissant le champ de la conscience et mettant au second plan toutes les autres préoccupations.

Plus importantes sont les anomalies du sens moral et du caractère. Les perversions des sentiments et des tendances font

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