‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 125 sur 517 · UN SÉNATEUR · texte numérisé non relu

UN SÉNATEUR

Eh quoi! vous l'ignorez! Quand d'une nuit d'horreurs Le sort nous semble à peine apaiser les fureurs ? Des feux de la discorde et du courroux céleste , Quand vous voyez d'ici l'embrasement funeste ?

68 CATILINA

Et ([tie Rome, aux revers s'ouvrant de tous côtés,

Ne se couvre à nos yeux , dans ses murs dévastés,

Que des débris du crime et de la violence

Qui de ses ennemis ont lassé l'insolence ?

Sachez ce qu'on a fait, et quel événement

Nous permet d'espérer un nouveau changement.

Sur l'avis dont les dieux viennent de nous instruire,

LépideetLentulus, ardens à nous détruire,

Ces conjurés hardis viennent d'être livrés

Aux fers que les cruels nous avaient préparés.

Le sénat se rassemble, et la ville calmée

De l'esprit de ses chefs se soutient animée ;

Cependant qu'échappé par des détours obscurs

Catilina, sorti de l'ombre de nos murs,

Au camp de Mallius a porté son audace ,

Et , plus fort en fuyant , nous brave et nous menace.

De là sa volonté semble encore inspirer

Des cœurs dans leur espoir trop prompts à s'égarer,

Et flatte en les trompant leurs vœux illégitimes.

De cet aveuglement vous voyez les victimes.

Evitons de leurs yeux le sombre désespoir.

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