ACTE V, SCÈNE IL 6g
Le dernier dont encore ils puissent opprimer
Un généreux pouvoir prêt à les réprimer.
Amis, vous le savez, de notre dépendance
Doit sortir le moment de notre délivrance.
L'instant qui met nos jours , notre gloire en danger ,
Est celui des efforts qui doivent nous venger ,
Où de Catilina le zèle et la vaillance
Vient de nos ennemis surprendre l'imprudence-.
Toi qu'emporte l'excès de tes ressentimens
Jusqu'à trahir pour eux le plus saint des sermens ,
Victime d'une perte à tes regrets trop chère ,
Va , n'en éclaircis point le dangereux mystère ;
Refuse à tes tyrans les imprudens aveux
Que croit tirer de toi leur zèle malheureux ;
Ne va pas exposer , dans ta vaine furie,
Le fruit de tant de soins entrepris pour ta vie \
Et lorsqu'à te sauver tous nos amis sont prêts %
Ne les empêche pas...
CÉTHÉGUS
Je les désavoùrais.
Sur vos crimes enfin ma douleur éclaircie Se refuse aux excès de votre barbarie.
Sauver par mes aveux mon pays aveuglé, Est le dernier espoir de ce cœur désolé ; Et je n'attends après que la mort la plus prompte Pour finir de mes jours le supplice et la honte.
LÉPIDE
Lâche ! dans le sénat j'aperçois nos amis ; Sers Rome, si tu veux 5 tu vois ses ennemis.
7o CATILINA.