‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 139 sur 517 · HÉCUBE, POLYXÈNE, POLYMNESTOR · texte numérisé non relu

HÉCUBE, POLYXÈNE, POLYMNESTOR

HÉCUBE

0 terre ! ô port ouvert aux débris d'Ilion ! De Priam dans vos murs recevez la famille ; Je confie à vos dieux et sa veuve et sa fille. Mais quelle est cette enceinte ? où porté-je mes p Ah! seigneur, ah! du moins je ne me trompe pas, A cet auguste aspect que vous faites paraître . De ces lieux, je le vois . oui . vous êtes le maître.

6 HECUBE.

Vous, dans mes longs malheurs imploré tant de fois , Enfin , Polymnestor, c'est vous que je revois !

POLYMNESTOH.

0 reine! ô de mes rois tige auguste et sacrée !

Vous revoyez la terre à Cécrops consacrée ^

D'un prince votre ami vous visitez la cour

Dans ces lieux où jadis vous reçûtes le jour.

O princesse !

Ah ! seigneur, ah I mêlez moins de charmes Au plaisir d'un retour qui fait couler mes larmes. Sous le poids des malheurs dont m'accablent les dieux, Hélas ! vers vous encor puis-je lever les yeux ? Seigneur, Priam n'est plus ; Troie est tombée-, Achille Ne s'est fait qu'un tombeau de cette immense ville. Devant vous de vingt rois la fille est dans les fers; Moi-même, esclave aussi, je fléchis et je sers. Attendant d'un vainqueur le barbare caprice, Ma fierté s'est soumise aux volontés d'Ulysse. Réduite au sort affreux d'embrasser vos genoux , Suis-je Hécube, en effet? me reconnaissez-vous?

POLYMNESTOR

Du bruit de vos malheurs, dont la terre est semée, J'ai su tout ce qu'au monde a dit la renommée , Et que d'un sort en tout digne d'un si grand cœur, Le ciel à vos vertus égalait la rigueur. Mais vous-même, madame, oubliant tant de gloire, Cédez-vous au malheur une indigne victoire ?

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