‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 150 sur 517 · ACTE II, SCENE Y · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE Y

Eh ! qu'importe à l'enfant , digne sœur de Paris, Que ce héros de plus ait brigué ses mépris ? Fatalité cruelle autant qu'infortunée!

Pour t'avoir plu, ma fille, Achille, est condamnée. Mais contre nous pourquoi voir les destins unis ? Non, les dieux jusque-là ne nous ont pas punis. Voyez que de raisons de croire à leur clémence I Pour nous d'un roi puissant le règne ici commence. * Polymnestor des Grecs sert-il donc la noirceur ? Et mon fds aux autels livrera-t-il sa sœur? De ce héros surtout la présence m'assure. De son secret retard quel peut être l'augure ? Parlez -, et devant moi ne vous présentez plus Qu'avec le fds d'Hécnbe et l'ami d'Hélénus.

HÉLÉWUS.

Moi ! que je vous le rende , ô justice suprême ! Et répare un chagrin que je ressens moi-même.

hécube.

Comment?

HÉLÉNUS

C'est, à sa place, à moi de vous venger.

HÉCUBE

Non ; rendez-le à mes vœux, que c'est trop outrager. Vous frémissez, cruel ! d'où naissent donc vos craintes? Ou d'un cœur rassuré pourquoi ces larmes feintes ? Mon fils?... répondez-moi.

24 HECUBE.

HÉLÉNUS

Que je réponde ? ô dieux .

Hélas î si je pouvais l'amener à vos yeux !

HÉGUBE.

Mon fils?...

HÉLÉNUS

Il n'est plus. •

HÉGUBE.

Dieux î il est donc vrai ?

POLYXÈNE

Mon frère .

HÉGUBE.

Et l'assassin ? son nom ne peut être un mystère.

hélénus.

Que ma bouche se glace avant de blasphémer, O mon père !

HÉGUBE.

Vos pleurs viennent de le nommer.

HÉLÉNUS

Lui!

HÉCUBE

Votre père. Et vous, vous venez me l'apprendre ? Non, non, les Grecs sur vous n'ont plus rien àprc'tendre ,

Ce trait les passe tous ; et moi-même je vais

Mais dans mon cœur mourant est-il assez de traits ?

HÉLÉNUS

Madame, ah ! renfermez ces mouvemens de haine ; Regardez quels périls menacent Polyxène ,

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