‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 159 sur 517 · HÉLÉNUS, ULYSSE, HÉCUBE, POLYXÈNE · texte numérisé non relu

HÉLÉNUS, ULYSSE, HÉCUBE, POLYXÈNE

HÉCUBE

Il a tué mon fils !

36 HECUBE.

Seigneur, d'un héritier soutien de sa puissance , Priam à ce barbare avait remis l'enfance , Jeune espoir dérobé loin de ses ennemis, Et qu'à ma douleur même Ulysse aurait permis. Tout l'or dont le pouvoir devait enfler sa gloire , Et sans qui des vertus s'efface la mémoire , Pour rétablir un jour le trône chancelant Suivit dans son exil le monarque tremblant. Mais de ces vils trésors, avarice effroyable ! Quels cœurs n'a corrompus leur soif impitoyable ? Des jours de l'orphelin ce monstre sans pitié Chercha jusqu'en ses flancs ce trésor envié : Si vous ne vous baignez au sang de l'innocence , Désavouant le crime, accordez-m'en vengeance.

ULYSSE

D'un forfait aussi noir, comme vous effrayé, Je vous puis de la Grèce assurer la pitié. Sans intérêt aux coups que le barbare affronte, Son front irréprochable en a rougi de honte ; Et ce n'est point ainsi que la Grèce combat Dans l'ombre et le secret d'un lâche assassinat; Elle ne peut enfin, quelque espoir qui l'anime, Jamais dans ses desseins être l'appui du crime.

HÉLÉNUS

Non, jamais sa vertu n'est un garant pour lui, Si pour en profiter elle n'en est l'appui.

ULYSSE

Et que prétend ici ce zèle téméraire ?

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