‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 171 sur 517 · scène m · texte numérisé non relu

scène m

HECUBE seule.

Elle fuit!... et mes pas se détournent de lui ! Je me meurs!... seule, hélas! et je n'ai plus d'appui. Grecs ou Polymnestor, pour moi tout est funeste : Roi cruel ! de mon sang tu t'immoles le reste. Sans toi, de tant de rois le digne successeur, Sous les yeux de sa mère , eût défendu sa sœur. Que ne puis-je en son sein, ô mon cher Polydore! Plonger mon bras sanglant, l'y replonger encore ; Sur le trône abattu de ce tyran détruit, Relever de ton nom l'injurieuse nuit , Et content d'un hymen dont je fais mon ouvrage, T'appuyer du seul bras qui reste à mon naufrage !

Dans ce tombeau vivant où je te dois pleurer, Préparons-lui le piège où je veux l'attirer j Qu'il y vienne , conduit par mon fatal indice , Et meure aux mêmes lieux témoins de ton supplice. Là , de vingt bras soudain prêts à l'envelopper, Les glaives, les couteaux, se lèvent pour frapper. Du tranchant de l'acier la soif se désaltère De tout le sang qui coule au désir d'une mère. Sous les couteaux pressés le monstre disparaît : Tiens ! de mes mains encor, traître ! recois ce trait. Chacun de mes enfans, victime d'un parjure, T'adresse ces tourmens pour venger son injure. Tiens ! voilà pour Priam , pour ma fdle. . . Est-ce tout ? Non; pour mon dernier fils reçois ce dernier coup. Dieux ! c'est lui ! Des transports de ma cruelle joie , Ne montrons que les pleurs que mon front lui déploie.

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