‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 182 sur 517 · ACTE V, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE IV

Toi que j'entraîne encore au trépas où je cours,

Quand pour sauver les miens tu hasardes tes jours.

Triste divinité des enfants de Tantale,

Vengeance, à tout mon sang également fatale,

Qui d'excès en excès, de crime en châtimens,

De Priam à mes yeux perdez tous les enfans,

Polydore est vengé !... Toi, que j'ofïehse et j'aime ,

Dans un moment aussi tu vas l'être toi-même !

La tombe encor long-temps ne nous sépare pas;

Va , je te suis de près et j'attends mon trépas.

Je te suis. Dieux jaloux! de notre intelligence,

Quoi! déjà, je le vois, le bonheur vous offense.

Et ne craignez- vous point qu'un désespoir nouveau

Ne me dispute à vous, même sur son tombeau,

Et que des mêmes feux dont mon âme est remplie

Je ne le suive encore au-delà de la vie?

Venez; hâtez-vous donc, et d'éteindre nos feux,

Et de détruire un cœur où nous vivons tous deux.

Dieux! les Grecs!... Attendons; c'est ma mort qu'on m'annonce

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