‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 193 sur 517 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

HÉLÉNUS, POLYXÈNE, gardes, troyennes.

Au voile sépulcral j'abandonne ma tête ; Et, ceinte du cyprès, votre victime est prête. Approchez-vous ; venez , compagnes de mon sort , Et jugez de la vie en contemplant ma mort.

78 VARIANTES D'HECUBE.

De mes cruels vainqueurs la barbare injustice M'envoie attendre ici Tordre de mon supplice. J'y viens d'Hécube encore attendrir les douleurs, Et sans cloute à ses yeux coûter de nouveaux pleurs. Il n'en faut point douter, c'est ma mort qui s'apprête ; D'un dieu persécuteur le gîaive est sur ma tête. Il me faut donc mourir! Pour quelle offense, hélas ! Dieux qui les connaissez , quels sont mes attentats ? 0 toi, dont me poursuit la jalouse colère, Achille, méritais-je un arrêt si sévère? J'ai banni de mon cœur l'importun souvenir Du rival préféré qui dut m'appartenir.

A tes seules douleurs mon âme, hélas ! ouverte, 0 frère trop aimé ! n'a pleuré que ta perte. Hélas ! par quel chemin conduits au même sort Tous deux sur ce rivage allons-nous à la mort? De tes tristes débris, la tombe encor sanglante, Au seuil de ton palais voit ta sœur expirante. Déplorable héritier des crimes de ton roi, Malheureux Hélénus , quel partage pour toi !

HÉLÉNTJS.

Non ; je n'accepte pas le funeste héritage

Des dons qu'avec ta haine il faut que je partage.

POLYXÈNE

Ciel ! que vois-je ?

HÉLÉNUS

Un cruel, un juste châtiment, Des douleurs d'une mère et des pleurs d'un enfant.

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