‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 209 sur 517 · CLITON, CRISPIN · texte numérisé non relu

CLITON, CRISPIN

CRISPIN

Monsieur Cliton !

CLITON

Crispin ! eh, mon ami , c'est toi?

Par quel heureux hasard te revois-je, dis-moi? Depuis que de chez moi tu quittas le service , Tu dois avoir acquis beaucoup à l'exercice. Comme te voilà fait ! bien tourné !

CRISPIN

Mais vraiment, Pas trop mal. J'ai servi, je crois, utilement. Un maitre m'a chez lui pris pour le faire rire, Et servir de bouffon.

CLITON

Tâche à t'y bien conduire , Le rôle est amusant.

CRISPIN

Je m'en acquitte bien.

Vous n'étiez pas si gai, monsieur, s'il m'en souvient. Vous étiez philosophe, et rhumeur socratique Se gendarmant chez vous contre la sympathique , Par excès de raison vous m'avez renvoyé; Plaignant à vous servir un temps mal employé, Pensant que de ses sens ayant l'apprentissage Et toute sa raison, ainsi qu'il est d'usage , Vous ne prétendiez pas qu'un maître eût un valet, Et trouviez pour un bage un tel meuble indiscret.

GLITON.

Va , crois qu'il n'en est rien , et que quelqu'incartade

Aura plutôt sur toi tourné cette algarade:

Tu n'étais pas d'un sage un prudent conducteur.

CRISPIN

Toutcommeil vous plaira;donnez-vous tout l'honneur. Maispuis-je au moins savoir quel étrange caprice Vous fait ici d'un fou rechercher le service; Et qui peut en ces lieux vous amener?

GLITON.

L'amour.

CRISPIN

L'amour! Le bel emploi vraiment à voire tour!

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