CLITON, CRISPIN
CRISPIN
Monsieur Cliton !
CLITON
Crispin ! eh, mon ami , c'est toi?
Par quel heureux hasard te revois-je, dis-moi? Depuis que de chez moi tu quittas le service , Tu dois avoir acquis beaucoup à l'exercice. Comme te voilà fait ! bien tourné !
CRISPIN
Mais vraiment, Pas trop mal. J'ai servi, je crois, utilement. Un maitre m'a chez lui pris pour le faire rire, Et servir de bouffon.
CLITON
Tâche à t'y bien conduire , Le rôle est amusant.
CRISPIN
Je m'en acquitte bien.
Vous n'étiez pas si gai, monsieur, s'il m'en souvient. Vous étiez philosophe, et rhumeur socratique Se gendarmant chez vous contre la sympathique , Par excès de raison vous m'avez renvoyé; Plaignant à vous servir un temps mal employé, Pensant que de ses sens ayant l'apprentissage Et toute sa raison, ainsi qu'il est d'usage , Vous ne prétendiez pas qu'un maître eût un valet, Et trouviez pour un bage un tel meuble indiscret.
GLITON.
Va , crois qu'il n'en est rien , et que quelqu'incartade
Aura plutôt sur toi tourné cette algarade:
Tu n'étais pas d'un sage un prudent conducteur.
CRISPIN
Toutcommeil vous plaira;donnez-vous tout l'honneur. Maispuis-je au moins savoir quel étrange caprice Vous fait ici d'un fou rechercher le service; Et qui peut en ces lieux vous amener?
GLITON.
L'amour.
CRISPIN
L'amour! Le bel emploi vraiment à voire tour!