ACTE II , SCÈNE T
GLIïON.
Hëlas! je le sais trop ; mais Crispin, comment faire? Dans son aveuglement ma raison persévère. J'aime un objet charmant, beau, tendre, préféré, D'un feu que jusqu'ici ma honte a dévore'. Ma mère sans égard , aux vœux de ma tendresse , Vient aux droits de l'hymen asservir ma maîtresse : A monsieur Dorimont, qui ne la connaît pas, Elle vient sans scrupule immoler tant d'appas. J'accours , et de ces lieux j'entreprends le voyage Pour l'arracher moi-même à ce dur esclavage. Au maître du logis peux-tu me présenter? D'un mérite éclatant on aime à le vanter ; On le dit franc , sincère et libre par système, Esprit indépendant et pensant par lui-même, Et fort original.
CRISPIN
Comme vous, à~peu-près , Hors qu'il est incurable et que vous changerez, Je puis facilement vous le faire connaître , Etant comme valet fort bien auprès du maître , Et votre ressemblance et vos autres rapports Pouvant auprès de lui servir de passe-ports, il paraît; laissez-moi vous préparer la voie.
24 l'original,