ACTE II, SCÈNE ITT. 2Q
En vieillard amoureux d'une jeune beauté , Jouant d'époux caduc le rôle redouté; Délaissant en un jour, après tant d'étalage , Le fastueux renom et le titre de sage. Songez que sur ce trait, du moins sensé des fous, Vous allez prononcer pour lui comme pour vous.
DORIMONT
Eh bien ! donc, sur ce point d'un démêlé comique, Mon avis , puisqu'enfin il faut que je m'explique, Est qu'au plus vieux des deux, par singularité, Doit échoir le bonheur de plaire à la beauté. Et ma foi, je vous plains dans cette conjoncture/ Si c'est vous que regarde une telle aventure. Votre vieillard le peut emporter sur l'amant , Et je suis, moi , tenez , au point d'en faire autant. J'obtiens par préférence une jeune héritière Que convoite un amant qui ne s'en doute guère; Ou du moins je le crois : car, par un trait fatal , Je ne connais encor maîtresse ni rival ; Mais j'entends vous prier d'assister à mes noces.
L'avantage , pour moi, serait des plus précoces.
DORIMONT. w
Non point ; je vous retiens. L'originalité , Le tour de votre esprit , m'ont d'avance enchanté. Cet heureux caractère est de très-bon augure, Et je veux vous offrir moi-même à ma future.
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