‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 237 sur 517 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

ELIANTE, D'HAUTEFARD.

D'HAUTEFARD, à part.

A ce que j'imagine 7

58 l'original ,

De notre original on vient de se moquer.

Voyons , à notre tour, ce qu'on pourra risquer.

(Haut, à E liante.} Combien, depuis un an, vous êtes embellie ! Je ne vous vis jamais de mes jours plus jolie, Depuis que le destin vous offrit à mes yeux ! J'ai vu naître pourtant ce germe précieux, Dont la beauté' croissait auprès de votre tante : Dans le champ des succès sa nièce la supplante ; Oui, d'honneur! vous touchez aux plus beaux de vos jov Qu'il vous faut profiter de ces instans si courts î Et que j'ai désiré l'heureuse destinée D'en régler avec vous la course fortunée ! Je vois que malgré vous, fixant votre destin , Au maître de ces lieux on donne votre main. Je ne vous cache pas qu'en folie assez rare , Brutal et singulier, quelquefois il s'égare; Et ma foi je plains fort la timide beauté , Exposée aux écarts de sa rusticité.

ÉLIANTE

Je n^en crois pas, pour moi , l'épreuve dangereuse: Je me flatte , avec lui , d'une union heureuse. Et vous devez penser, si j'ai pu le choisir, Qu'il me plaît pour époux.

D'HAUTEFARD.

Lui ! quel triste avenir Vous prépare d'un jour l'aveugle imprévoyance: Et qu'il va vous punir de votre complaisance!

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