‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 252 sur 517 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

ELIANTE, CLITON, CRISPIN.

CLITON

Ah ! Crispin , mon ami , dans ce malheur extrême , Viens, accours, sauve-moi du sort et de moi-même !

CRISPIN

Que se passe-t-il donc ? Dans cet accueil fort doux i Je ne vois rien qui soit fort à craindre pour vous.

CLITON

Ah ! mon rival triomphe ! Et dans un sort contraire, *Pai contre mon étoile, époux, maîtresse et mère: Car, cédant sans obstacle au nœud qu'on lui prescrit, Si son hymen se fait, Eliante y souscrit.

Peste ! il ne vous faut pas gendarmer de la sorte, Madame; et contre vous la partie est trop forte.

CLITON

Avec un peu de soins j'espère l'appaiser,

Ou nous l'enlèverons.

8 1 l'original,

CKISPIN, d EUantc.

Pour vous apprivoiser.

GLITON.

Mais dis : je te connais en ressources habile, Et fait pour nous tirer de ce pas difficile ; N'aurais-tu point en main quelqu'honnête moyen De supplanter ton maître en lui voulant du bien , Et n'étant point aimé, s'il faut que je le dise , Lui sauver le malheur de faire une sottise?

CRISPIN

Et pourquoi donc, monsieur, n'en trouverais-je pas?

Mon génie épuisé de produire est-il las?

Suis-je homme à reculer devant ma destinée,

A perdre vingt exploits d'une seule journée?

Et puisque Dorimont le regard ébloui ,

Par cet esprit brillant dont je l'ai réjoui ,

M'a pris pour l'amuser par quelques tours d'adresse ,

Ne dois-je pas encor lui souffler sa maîtresse?

Que m'en coûtera-t-il , qu'un trait d'esprit de plus ? Encor vais-je par-là couronner mes vertus! Reste à vous, s'il en vient malheur à l'innocence, A m'en prouver, monsieur, votre reconnaissance. Ça, voyons; je vous crois assez d'accord tous deux Pour ne point, en ceci , contrarier vos vœux : Ne sauriez-vous vous faire en toutes bienséances, Ici, devant témoin, quelques bonnes avances,

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