ACTE IV, SCÈNE II
S'il n'en prend qu'en soupirs, c'est bien peu, je vous jure
Et ce monsieur n'est pas exigeant de nature.
Mademoiselle en peut convenir sur ma foi !
Ne nous amusons pas à ceci, croyez-moi.
Je vous ôte du pied une épine assez bonne,
En éloignant de vous l'époux qui nous talonne;
Reste à me couronner de mon plus beau laurier,
En lui servant encor un plat de mon métier ;
Et lui rendant si bien le mariage à charge,
Ma foi , qu'avant l'hymen il ait gagné le large.
Je sais qu'il aime en ours à demeurer ehez lui ,
Qu'il est des grands repas et du monde ennemi f
De la cave au grenier troublant ce long silence,
J'y vais, d'un grand festin, commander l'ordonnance.
Convives, baladins remplissant les salons,
Y vont courir en foule au son des violons ;
Et chasser de l'hymen la courte maladie :
Mon maître ne m'a pris que pour la comédie;
Allons croissant encor le plaisir qu'il aura ,
Lui donner par dessus le bal et l'opéra.
Votre mère!... et plongé dans un regard trop tendre,
Vous êtes là, monsieur, à nous laisser surprendre.
CLÏTON.
Adieu, belle Elianle; au moins défendez-vous..,
CRISPIN
Seulement jusqu'à l'heure où vous serez à nous.