‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 274 sur 517 · ACTE V, SCÈNE III. Iï · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III. Iï

Je crois sur votre choix être bien écîairci,

Et, comme son objet , juger de votre ennui.

On force votre cœur pour un homme bizarre.

Pour lequel rien n'explique un procède' si rare.

Je vois, pour revêtir cet habit singulier,

Quels étonnans dégoûts il vous faut essuyer.

Une excusable erreur où vous êtes vous-même ,

A cause jusqu'ici ce changement extrême,

Je sais qu'on vous croit pauvre, et de vos protecteurs

L'orgueil vous fait ainsi supporter les hauteurs,

Mais si le ciel pour vous de trésors fut avare,

Par ses autres bienfaits combien il les répare:

Il a tiré vos jours du plus illustre sang,

Et peut à vos vertus égaler votre rang.

ÉLIANTE

Croirai-je ce qu'ici vous venez de m'apprendre? Et comment savez-vous ce que je viens d'entendre?

Le marquis D'ORCÉ.

C'est le soin qui m'amène, et sans me découvrir L'objet qu'en vous voyant mon devoir vient remplir. A peine ai~je connu l'embarras où vous êtes, Et deviné par-là vos alarmes secrètes, Que de vous secourir le désir m'a conduit Vers celle auprès de qui le destin vous produit. A des nœuds moins brillans lorsqu'elle vous résigne, De l'hymen de son fils elle vous croit indiVne. Il la faut détromper et lui montrer sans bien Votre nom digne aumoins de briller près du sien.

n4 l'original ,

Aujourd'hui dansées lieux c'est ce que je viens faire; A ses yeux e'tonne's vous montrer votre père. De cet e'vénement , pour gage plus certain , De mes mains avant tout recevez cet e'crin. Allez, vous en parer, quitter cet uniforme , Prendre à votre naissance un luxe plus conforme , Et faire re'ussir un projet de Crispin Qui doit à Dorimont enlever votre main.

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