‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 278 sur 517 · DOR1MONT, ÉLIANTE, CLITON · texte numérisé non relu

DOR1MONT, ÉLIANTE, CLITON

CLITON

Me voici; Et mon sort, grâce au ciel, se décide aujourd'hui! Ah ! vous voudrez enfin me tenir la promesse De me donner ici des marques de tendresse, Abjurer de l'hymen une odieuse loi Et par de vrais sermens vous engager à moi.

ÉLIANTE

Attendez pour le moins que Dorimont paresse; Il ne se montre pas.

CLITON

Ah , voilà votre adresse

1 18 l'original ,

Pour différer l'effet des tendres mouvemens, Dont il viendra trop tôt glacer Jes sentimens. Répétons cependant ce que nous devons faire, Lorsque faudra paraître à ses de'sirs contraire. Ne vous rendez-vous pas à l'offre de mes vœux ? Eh ! que me dites-vous? Oh, silence fâcheux ! Est-il pour nous parler besoin de sa présence? N'avons-nous pas d'aimer une entière licence? Ah! tenez le voici. Reprenons cette fois Ou plutôt reprenez l'usage de la voix.

Pour trouperun jaloux dontl'amour vous tourmente Dites; que ferez-vous adorable Eliante?

Contre un traître, un bourru dont l'odieuse loi Prétend vous disputer le don de votre foi; A l'amant généreux de qui la tendre estime Fut de tous vos plaisirs la confidente intime , N'abandonnez-vous pas le droit de vous ravir Au fantasque , au brutal qui veut vous asservir, Et n'est-ce pas à lui que votre cœur se donne?

DORIMONT, à part.

A l'éloge un peu bref que répond la friponne ?

ÊLIÀNTE.

Puisqu'on me veut forcer à l'hymen d'un époux , Dont l'odieux pouvoir me détache de vous ; Oui , Cliton , il n'est rien pour punir son offense Où ne puisse emporter l'ardeur de ma vengeance,

Ce tyran. . .

CLITON, bas à È liante.

Bien cela ! pas un mot n'est perdu

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