ACTE V, SCÈNE X
LE NOTAIRE, Usant.
« Pardevant... et ceux dont les noms suivent. i> Entre autres volontés et choses qui s'écrivent, » La future promet , constante dans ses goûts, j> D^tre, jusqu'à la mort, fidèle à son époux. » Je n'ai jamais écrit contrat de cette sorte !
ÉLIANTE
Ce qui s'entend , monsieur, ne s'écrit pas.
LE NOTAIRE
N'importe.
( Lisant.)
« Pour se mieux assurer des vertus qu'elle aura, » Convenu que jamais elle ne sortira w Que de son dit époux dûment accompagnée , » Et qu'au logis , des yeux elle sera soignée. » De plus, qu'à son seigneur et maître...»
CLITON
Ah ! c'est assez.
Les articles sont bons quoiqu'ici déplacés, Et si je suis jaloux j'en pourrai faire usage. Monsieur, hâtez-vous donc , bornez ce verbiage.
LE NOTAIRE , s* asseyant pour écrire.
Je connais mon devoir. Nommez donc les époux. Quel nom, mademoiselle, et titre prenez-vous?
Le mabquis D'ORCÉ.
Celui de demoiselle et fille vraiment chère , Elianted'Orcé: c'est moi qui suis son père.
t >S l'original,
(A É liante.) (A madame de Ralnville.)
Retenez ces respects; et votre étonnement. Vous savez qu'en vos bras je la mis presqu'enfant , Et que forcé loin d'elle à servir ma patrie, Je chargeai votre ëpoux de veiller sur sa vie. Ce dépôt fut par lui fidèlement gardé, Et tout ce qui de soins lui pût être accordé, Tendresse , empressement, maîtres de toute espèce , A passé mon espoir, et la prévint sans cesse. Avant votre union, admise en ce séjour, Vous n'avez pu savoir qui lui donna le jour; Et moi-même au retour, déguisant ma retraite , Je tins de ses destins la fortune secrette , Ne voulant, point encor lui ravir le bienfait Des utiles secours dont je voyais l'effet. Mais enfin de ses nœuds la première nouvelle, D'un silence forcé m'a fait sortir pour elle. Je viens la reconnaître , heureux de la couvrir D'un nom dont votre orgueil n'aura point à rougir ; Et malheureux pourtant, dans ma joie importune, De n'offrir à ses yeux que mon humble fortune ; Mais sa dot peut suffire aux vertus de son cœur : Ma fille héritera de mes titres d'honneur.
LE NOTAIRE
De grâce , expliquez-vous. Dois-je, au nom de la belle, De ces éloges-là joindre la kyrielle , Et coucher par écrit ce long certificat ?
DORIMONT
Ah , ne plaisantez pas ! et laissez au contrat