ACTE V, SCÈNE X. I2Q
Soixante mille ëcus que je donne à madame , Et dont je la dotais en la prenant pour femme.
[A a marquis.) Puisqu'elle est votre fille, étant votre parent, C'est un droit dont mon cœur s'acquitte en la dotant, Marquis,
C'est nous montrer votre magnificence !
Et pousser la vertu jusques à l'excellence! Doter, pour un rival, la femme que l'on perd !
DORIMONT
D'un malheur plus certain c'est se mettre à couvert ;
Car enrichir pour moi la femme que j'adore ,
En ne l'épousant pas, c'est y gagner encore.
Je le sens bien , l'hymen n'était pas trop mon lot !
Et du bien qu'il m'enlève il a fait votre dot.
(A C Mon et à E liante.) Unissez-vous. Pour moi , la liberté , l'aisance , Compagnes de mes jours , en sont la jouissance. J'y veux uniquement abandonner mon cœur, Et de mon seul caprice attendre mon bonheur.
CRISPIN
De ce bonheur qu'ici votre cœur se propose, S'il faut vous l'avouer, je suis un peu la cause: Lorsque chacun ici vous voit d'un œil content , Moi seul, de vos bontésn'en puis-je dire autant?
lia l'original, acte v, scène x.
DORIMONT
Que te faut-il?
Auprès de l'aimable Finette, Pour achever mes jours une honnête retraite. Pour vous dc'marier, lorsque vous apprendrez Ce que j'ai fait d'efforts, vous me la donnerez; Et pour prix de mes soins nous mettrez dans la gène. (A Finette.)
Qu'en dis-tu ?
FINETTE
Mais , pas mal !
DORIMONT
Formez donc votre chaîne.
[A Crispin.)
Mais à condition qu'ici tu resteras,
Et qu'au besoin encor tu me corrigeras.
CRISPIN
Pour peu que mon talent plaise à la compagnie, S'il lui plaît d'applaudir j'y veux passer ma vie.
(A Finette.) Allons, nous, dans tes yeux où mes succès sont peints, Voir à perpétuer la gloire des Crispins.