DESCHAMPS, SAINT-ALBA1N, FON VILLE, TÊTU, BASSET
TÊTU
Eh bien, je viens d'apprendre une belle nouvelle !
FONVILLE, à Deschamps.
Vous allez voir un homme furieux. Voici qui vous regarde.
TÊTU
On nous donne pour préfet un homme de rien , qui a été élevé avec nous. Qu'est - ce que c'est que ce Deschamps?
FONVILLE.
Un petit garçon que vous avez vu autrefois, le fils d'un petit avocat qui traînait la robe au Palais; nous avons été ensemble au collège.
Je l'ai donc vu aussi au collège; il a été au collège avec nous, et il vient nous faire la loi.
FONVILLE.
Que vous en semble?
TÊTU
Comment, ce qu'il m'en semble?... Je suis furieux, hors de moi. Un petit homme que nous avons tous connu, que nous avons peut-être manqué d'étouffer vingt fois en jouant avec lui, viendra ici nous mettre le pied sur la gorge, nous marcher sur le ventre , exercer des ressentiments! et qu'est-ce que cet homme? un fat, un intrigant, un vagabond.
FO]\ VILLE, à Deschamps.
Ne vous avais-je pas dit qu'il serait de mon avis? Le compliment est un peu dur à digérer, mais ce n'est pas à vous qu'il s'adresse. Que voulez-vous, monsieur Têtu, pour avoir droit de vous