ACTE II , SCÈNE V
plaindre, vous n'êtes pas allé intriguer comme lui à Paris.
TÊTU
Non certainement, et plut à Dieu se fût-il cassé une jambe lorsqu'il y est allé ! Mais il n'est pas encore de retour, qui sait ce qu'il lui arrivera d'heureux?
FONVILLE , à Deschamps.
Cela est désagréable pour vous, voulez-vous
'que je le fasse taire? (A Têtu.) Il pourrait bien
payer ses maudites intrigues , et ne pas venir de
Paris sans mésaventure , comme monsieur qui
en arrive, monsieur Têtu.
TÊTU
Ah! c'est donc vous qui nous annoncez le fameux Deschamps?
FONVILLE , à Deschaiops.
Dites-lui que vous, ne le connaissez pas.
DESCHAMPS
Pourquoi ?
FONVILLE, à Têtu.
Allons, monsieur est de ses amis, taisez-vous.
TÊTU
Ah! vous êtes de ses amis! eh bien, apprenezlui que je ne suis pas des siens, aussi sûrement que je n'ai jamais craint personne. On sait comment on obtient les places à Paris!
FONVILLE.
Oui, sans doute, on le sait. On les obtient par
58 LES PREVENTIONS.
l'intrigue, la bassesse, l'artifice; (imposantsiienceàTêtu) mais je ne souffrirai pas qu'on le dise.
DESCHAMPS
A merveille!
On sait ce que c'est que ce Deschamps.
DESCHAMPS
Permettez
FONVJLLE , imposant silence à Deschamps.
Oui , sans doute , on le sait, c'est un intrigant, un bas valet, n'y a-t-il pas plus de vingt ans qu'il est parti pour exercer ce métier? (imposant silence à Têm) mais je ne souffrirai pas qu'on le dise.
TÊTU
On sait comment il s'est assuré sa place.
DESCHAMPS
Souffrez.....
FONV1LLE, imposant silence à Deschamps.
Oui, sans doute, on le sait. Il a semé l'or et les flatteries; il a rampé ailleurs pour venir commander ici. (ImposantsiienceàTêtu.) Mais je lie SOuf-
frirai pas qu'on l'insulte. C'est un intrigant, ajoutez à cela un ignorant, un sot; et dites encore, qui sait? peut-être un malhonnête homme, un magistrat prévaricateur; mais je ne souffrirai pas qu'on le dise devant son ami.
DESCHAMPS
Je vous remercie.
TÊTU, à Fonville.
Vous êtes indulgent ; moi , je vais tout de suite