SAINT-ALBAIN , DESCHAMPS
SAINT-ALBAIN
Ah ! voilà M. Coquelin qui s'en va aussi.
Vous ne les suivez pas, Monsieur? Voilà donc la raison des dégoûts de ces Messieurs , de leur délicatesse à l'égard de leur compatriote , de Deschamps ? Il ne leur déplaît que parce que chacun d'eux voudrait sa place. Et telle est la
source de toutes les préventions , l'intérêt. Je ne vous demande pas ce que vous pensez de tous ces hommes ridicules.
SAINT^ALBAIN
Il en est cependant un dont vous entendriez l'éloge. Vous cherchez un homme habile, un esprit fin , délié , capable de s'appliquer à tout avec succès. Cet homme est Phœnix. Je ne vous parle pas de son cœur.
DESCHAMPS
Je ne veux pas en savoir davantage : mon choix est fait. Voulez-vous, Monsieur, employer vos talents au bonheur de votre pays? Je ne vous parle pas des indemnités de la fortune, cette considération est indigne de vous.
SAINT-ALBAIN
Je ne vois que l'infériorité de mérite, qui m'interdit cette ambition.
DESCHAMPS
J^a seconde place de ce département est à vous. Vous souteniez Deschamps opprimé. Tandis qu'on l'injuriait sans l'entendre, vous étiez ici la preuve qu'on peut déplaire aux gens médiocres , et n'être pas moins un homme estimable. Permettez-lui de vous venger à son tour. Que vos destins soient unis par la fortune comme ils le sont par l'envie.
SAINT- ALBATN.
Mais comment, moi! si loin d'avoir leur approbation?. . . .