SCENE XL
PHOEN1X, DESCHAMPS, ( dan» le fond ) FON- VILLE, BASSET, TÊTU, LE HOC, COQUE- LIN.
DESCHAMPS, àPhœnix.
Eh bien! Monsieur, voilà un jeune homme qui m'a dit beaucoup de bien de vous. S'il ne tenait qu'à lui , c'est sur vous que tomberait le choix de Deschamps. Mais quel fond voulezvous que je fasse sur les louanges d'un homme sans considération, dont vous avez vous-même contribué à affaiblir le mérite?
PHOENIX
J'ai pu avoir sur lui des préventions défavorables; vous savez ce que c'est que l'opinion des hommes? On est naturellement porté à méconnaître un mérite étranger; quand ou le connaît, on n'est pas fâché de l'obscurcir , d'épaissir les ténèbres qui le cachent, ou même d'y substituer des défauts.
DESCHAMPS
Ce sont vos propres sentiments que vous exposez?
PHOENIX
Hélas! oui.
DESCHAMPS
C'est donc avec cette justice que vous m'avez parlé de Deschamps?
PHOENIX
. Avec la même justice que de Saint-Albain , qui est certainement un homme de mérite (*).
FON VILLE , qui a entendu l'éloge de Saint- Albain.
Qu'est-ce donc que vous dites?
PHOENIX
Allez, je sais bien ce que je dis.
DESCHAMPS
Je suis charmé que vous en pensiez autant de bien qu'il m'en a dit de vous.
FONVILLE, àPhœnix.
Il a donc fait votre éloge ! c'est ce qui vous fait changer d'opinion.
DESCHAMPS, à Fonville.
Il faut en changer aussi, et lui accorder Emilie.
(*) Les personnages qui étaient au fond de la scène se rapprochent et se trouvent placés avec les autres , dans l'ordre suivant : COQUELIN , LE HOC, TÊTU, BASSET, FONVILLE , PHOENIX , DESCHAMPS.