‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 339 sur 517 · SULZER, VALCOUR · texte numérisé non relu

SULZER, VALCOUR

SULZER

Ah , cher Valcour !

Sulzer !

SULZER

Se peut-il! en ces lieux, Chez d'Osmond? Dès le jour qu'un vol ambitieux T'emporta loin de nous pour chercher la fortune, Fuyant de tes amis la concorde importune, Nous ne te voyons plus.

VALCOUR

Il est vrai.

SULZER

Tu connais De la loge pourtant les austères décrets; Franc-juge ou franc-maçon, nous avons ta parole, Et vivre et mourir libre est la loi qui console!

VALCOUR

J'en conviens. Occupé de soins plus exigeants, J'ai rompu tout commerce avec nos jeunes gens, Et chez d'Osmond admis comme de la famille, Je m'y marie.

SULZER

Ah bon! toi l'époux de sa fille?

VALCOUR

Oui. Cet hymen pourtant, sur l'intérêt fondé, Pour quelques jours encor veut être retardé. Epris éperdûment de l'objet qui m'enflamme, J'adore Ethelvina; mais ce soin de mon ame, A mon avancement subordonné pourtant, Me soumet aux devoirs d'un examen prudent, Et quelque temps encore il faut me priver d'elle. C'est qu'on aime aujourd'hui d'une façon nouvelle.

SULZER

Ah! oui.

VALCOUR

Pour parvenir je suis industriel, Enfin, puisqu'à présent c'est là l'essentiel. Observe sur le pied de tout ce qui se passe , De la société dominant chaque classe, Comme l'ambition, la soif de parvenir, Enflamment tous les cœurs pleins du même désir. Dans un chemin glissant on se presse, on se foule, Sur un flot disparu c'est Un flot qui s'écoule, Et le dernier venu, pour se précipiter, Donne à peine au premier le temps de se hâter. L'un postule en commis auprès des ministères,

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