SCÈNE VII
OCTAVE, madame D'OSMOND.
MADAME D'OSMOND
Monsieur se plaît à vivre en ces lieux, solitaire?
C'est moi de les aimer que rien n'a pu distraire.
MADAME D'OSMOND
Rien. Le monde?
OCTAVE
Non plus ne saurait me charmer.
MADAME D'OSMOND
Il ne vous offre rien que vous puissiez aimer? La raison?
OCTAVE
Je ne sais. Voyez plutôt vous-même.
MADAME d'oSMOND.
Hélas! c'est, je le vois, le désert quand on aime. Octave ?
OCTAVE
Madame.
MADAME d'oSMOND.
Eh quoi! c'est vous?
OCTAVE
Madame?
Vous, ici.
MADAME DOSMOND.
De ma faute , eh quoi ! coupable aussi ?
OCTAVE
C'est moi, de vos malheurs l'auteur involontaire, Moi, conduit dans ces lieux par un destin contraire , Pour voir aux mains d'un autre un objet adoré, Malgré vous, malgré moi sans doute rencontré. Plaignez-vous; mais enfin j'ai quelque droit peut-être A réclamer un cœur dont vous m'avez fait maître. Epouse de mon père , écoutez votre amant Rappelant tous les droits de ce fatal moment.
MADAME D'OSMOND
Ah ! que. me dites-vous ? quelle lumière affreuse
Jette sur mes destins votre flamme envieuse?
Un seul moment , cruel ! peut-il fonder vos droits ?
Quel moment! dans quel trouble, 6 ciel, je me revois!
Le désespoir, la force, un jour de violence,
Ce jour de votre part; suivi d'un long silence,