‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 357 sur 517 · ACTE II, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII

Un rêve. Une nuit en silence D'un auteur dans mes mains un livre prend séance. « Les brigands. » A ce titre, aux pièces du procès Je n'en crois pas pourtant les héros plus mauvais Que tels qu'à nos respects le monde offre sans cesse Sous le pompeux éclat qui cache leur bassesse. On les donne ; j7accours. Au, théâtre je vois Le crime et les remords , aux prises cette fois , Epouvanter mes yeux d'une leçon profonde, Et le contraire en tout du spectacle du monde; D'honnêtes scélérats, de faux honnêtes gens, Et la vertu s'armer pour punir des méchants. Des châtiments du ciel les mains dépositaires Sans relâche exerçaient ses vengeances sévères. J'avais souffert long-temps dans mon orgueil blessé; Vous savez tout: dès-lors mon destin fut fixé.

ROMUALD

Et le notre! il est beau de combattre le vice.

Va donc pour les brigands vengeurs de la justice!

OCTAVE

Tu te trompes, mon cher, réprime cette erreur.

Les brigands sont pour nous des gens tout pleins d'honneur.

ROMUALD

Oui, mais avec ces noms fort éloquents sans doute, Sous quel ciel étoile prenons-nous notre route, Afin de toucher terre; et que sont tous ces plans Toujours bien concertés, et le jouet des vents?

OCTAVE

Qu'a fait Spielzberd dans Piltz , et de ses émissaires

3o LE ROMANTIQUE.

Qu'obtenons-nous d'amis dans ces lieux, et de frères?

WESTMANN.

Deux conseillers, un prêtre , une université; L'âge se prête moins à notre autorité , Quelques vieillards pourtant, même une demoiselle, Qui prétend s'échapper de l'aile paternelle.

OCTAVE

Unis! et, croyez-moi, la victoire est au bout. La patience au sage arrive et mûrit tout.

WESTMANN.

A ta sincérité le ciel doit cette épreuve. Il s'essaie à lutter dans une ame encor neuve, Mais il amène enfin au jour prémédité Le moment du courage et de la fermeté.

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