‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 367 sur 517 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

OCTAVE, ÉTHELVINA.

ÉTHELVINA.

Octave !

OCTAVE

Chère sœur !

ÉTHELVINA.

De te voir je m'empresse.

OCTAVE

Et toi de mes désirs tu remplis la tendresse. Eh bien, de ton bonheur que m'apprends-tu? Valcour Va voir de ton aveu couronner son amour. T'est-il cher ?

ÉTHELVINA.

Ah, mon frère!

4o LE ROMANTIQUE.

OCTAVE

Oui , parle; sois sans crainte.

ÉTHELVINA.

Eh bien...

OCTAVE

Eh bien?

ETHELVJNA.

Je l'aime. Oui, je me sens atteinte Pour lui, je l'avouerai, d'un sentiment bien doux. N'est-il pas naturel? que de nœuds entre nous? Yalcour auprès de moi semble passer sa vie. Par lui de mille soins je me suis vu suivie, Aux champs comme à la ville, entourée en tous lieux; Et lui de les donner il paraissait heureux. Bientôt après le coup qui nous ravit ma mère, Par un nœud plus étroit ta sœur lui devint chère. Mais toi, tu n'as pas vu tous ces moments si courts, Emporté loin de nous au printemps de tes jours...

OCTAVE

Hélas!

ÉTHELVINA.

Dans ces moments, pour%calmer ma tendresse, Il m'a juré souvent qu'il m'aimerait sans cesse, Et ses traits, ses discours, sa voix pour m'engager Semblaient de sa promesse écarter tout danger.

OCTAVE

La pauvre enfant !

Crois-moi, je lui fus asservie Par les nœuds les plus forts, les plus doux de la vie. Après ce changement Valcour devient pour nous

Page 1