MÉDÉE, THÉSÉE, £GÉE, TAURUS
THÉSÉE
Pour me justifier mandé près de mon roi ,
Je me viens expliquer d'un bruit qui court de moi.
Instruit des attentats dont l'envie est capable ,
Ne pourrai -je savoir de quoi je suis coupable?
Quoi ! prince, quoi! si tôt changé par leurs avis,
Passer à mon égard de l'estime au mépris ?
Je conçois que la haine ait pu flétrir ma vie 5
Mais vous!... de quels forfaits s'est-elle enfin noircie?
MGÈE.
Dans nos divisions un zèle trop outré S'oppose aux intérêts où vous êtes entré-,
On vous accuse enfin... Prince, que vous dirai-je ? La haine a comprimé l'ardeur qui vous protège : C'est à vous d'y répondre.
MÉDÉE
A moi de l'appuyer.
Je vois les contre-temps qu'il me faut essuyer , Les hardis désaveux dont sa bouche me flatte , Et jusqu'à vos refus qu'il faut que je combatte; Mais dût à vos regards la triste vérité Me retirer l'appui que je vous ai prêté , Je ne balance pas , et je connais l'audace Que prépare un perfide au coup qui le menace 5 Je sais par quels détours il se veut excuser.
THESE E
Et de quoi ?
MÉDÉE
De ce dont on vient vous accuser:
De former d*un complot la trame criminelle A couvrir cet état d'une honte éternelle , Et d'un règne trop long d'oser s'en prendre au roi,
(A iEgée.)
D'en vouloir à vos jours qu'il attaquait sans moi.
THÉSÉE
Moi , madame ? un monarque. . . et m'en prendre à l'empire ? Contre sa sûreté l'on saura qui conspire. Est-ce moi sous ses lois qui, loin de me ranger, Dans cet état conquis appelle l'étranger?