ACTE III, SCÈNE V
Qui de sa liberté, quand tout combat pour elle, Trafique avec le prix d'une indigne tutelle , Et pouvant l'affranchir du joug de ses tyrans, A des dieux ennemis immole ses enfans ? Vous qui de ces tourmens leur léguez le supplice , Vous seule de ces maux vous êtes la complice. La reine a seule ici commis la trahison , Et pour le roi peut-être a versé le poison.
JE, G ti E.
Traître ! vous oublier jusqu'à lui faire offense?
THÉSÉE
Non ; mais d'un peuple juste à prendre la défense. Et quel pouvoir enfin , quel ordre rigoureux Peut exiger des flots de ce sang malheureux , Quand ces lois ne sont plus , et , s'il faut vous le dire , Lorsque Minos lui-même a perdu son empire?
M ÉDÉE.
Vous qui nous en parlez , et qui donc êtes-vous ? De ces bords étrangers venez-vous parmi nous ?
THÉSÉE
Qu'importe qui je sois que l'erreur persécute , Si je puis sûrement vous annoncer sa chute.
TAURUS, à iEgée.
C'est me braver, seigneur, par d'étranges refus.
./EGEE*
Qu'on l'arrête !
48 THESEE.
THÉSÉE
Arrêté par Tordre de Taurus , A cet inique arrêt je ferai résistance.
TAURUS
J'ose engager pour lui , seigneur , mon assistance.
THÉSÉE
Et moi , je la refuse. Athéniens , à moi ! Et défendez mes jours en sauvant votre roi.
iEGÉE.
Imprudent, votre épée?
THÉSÉE
Eh bien! voici mes armes, Et je vais par ce don terminer vos alarmes.
iEGÉE.
Objet cher et terrible à mon œil étonné ! D'où tenez-vous ce fer, et qui vous l'a donné ? Mon fds !... je revois donc ce prix de ma tendresse ! Il suffit , sortez tous 5 avec lui qu'on me laisse.