‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 370 sur 517 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

ÉTHELVTNA.

Me quitter pour si peu !... Non, vous ne m'aimez guère. Vous avez oublié combien je vous fus cbère. Indifférent, distrait, votre amour prétendu N'a plus comme autrefois votre zèle assidu. Presque avant le moment de notre connaissance , Vous m'aimâtes, Valcour, au sortir de l'enfance. Ne vous souvient-il plus de nos plaisirs passés, Nos retours au château d'embarras traversés?

VALCOUR

Si je m'en souviens? certe!... A peine je respire.

(A part.)

J'en suis encor glacé... Je ne sais que lui dire.

(Haut.)

Mais malgré les transports d'uu tendre souvenir, D'intérêts plus pressants je dois m'entretenir. J'ai dans ce moment même en tête mille affaires, Un hasard du destin qu'on ne retrouve guères. Je me laisse entraîner... Vous seule, Ethelvina, Vous êtes le bonheur que mon cœur devina. D'un transport passager notre amour n'est pas dupe, Et même en ce moment votre bonheur m'occupe.

Vous m'aimez donc encor malgré nos démêlés, Et nous nous reverrons?

VALCOUR

Oui.

ÉTHELVIJVA.

Bientôt rassemblés,

Si vous vouliez pour vous il serait une fête , Je ne vous en dis rien.

VALCOUR

Vous êtes satisfaite, Si mon œil vigilant a pu vous pénétrer.

ÉTHELVINA.

Pourquoi donc, mon ami, si long-temps différer?

VALCOUR

Qui sait?

ÉTHELVINA.

Vous l'ignorez; moi, je l'attends et pleure.

VALCOUR

Il faut vous consoler.

ÉTHELVINA.

Quand sera-ce?

A toute heure, Demain.

ÉTHELVINA.

Eh bien, demain vous serez mon époux?

Je vous laisse.

VALCOUR

On approche; adieu.

ÉTHELVINA.

Songez à nous.

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