‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 383 sur 517 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ÉTHELVINA, OCTAVE.

OCTAVE

Dans cet embrassement console mes douleurs,

ÉTHELVINA.

Au baiser fraternel , quoi ! tu mêles des pleurs ?

OCTAVE

J'ai mes peines aussi.

ÉTHELVINA.

Mon frère, j'ai les miennes.

Sans attrister mon cœur d'alarmes incertaines, Imite ma gaîté; jouis de ce tableau Plus doux pour ton bonheur.

octave.

Oui , ce jour est bien beau î

6i LE ROMANTIQUE.

Je connais ton amour; tu jouis sans alarmes D'un bien dont rien encor n'a dissipé les charmes; Mais il faut aujourd'hui t'expliquer sans détour, Juge-toi : ne peux-tu te passer de Valcour? A soi-même à ce point si ton aine est ravie, Jure-le par le ciel.

ÉTHELVINA.

Mon frère , c'est ma vie !

Je l'ai dit; tu le sais : pourquoi m'importuner D'un aveu dont l'ardeur semble encor t'étonner?

OCTAVE

Il sera ton époux; et ton époux fidèle.

ÉTHELVINA.

Devrai-je à ce présage une triste nouvelle? Mon bonheur m'épouvante. Oui, me trahirait-il? D'où naissent vos soupçons et ce détour subtil?

OCTA.VE.

Ma sœur, il est souvent des âmes bien parjures, Dont les traits sur un cœur plaignent peu leurs blessures Mais ton bonheur enfiu, ton sort ne peut changer Si ton frère y préside et veille à ton danger. Adieu.

Page 1