ACTE IV, SCÈNE VIII
d'osmond.
Ah! de galanterie encore quelque trait?
Le fait est amusant.
VALCOUR
Oui, fort drôle, en effet.
SULZER
On dit plus : que l'amant, courtisan favorable, Prête à son souverain un appui secourable.
VALCOUR , bas à Sulzer.
Malheureux! tu me perds.
d'osmond.
Ah ! vraiment, c'est bien dit.
Quoi! l'amant?...
SULZER
Il enrage.
d'osmond.
Et le père?
SULZER
Il en rit.
VALCOUR
Ah, û donc! quelle horreur! mais c'est épouvantable.
SULZER
D'un exemple pareil, non, tu n'es pas capable?
Moi!
SULZER
Toi.
VALCOUR
Certainement jamais je ne pourrais.
D'OSMOND , à Valcour.
Eh! mais, ceci s'accorde à ce que je saurais
D'une séduction en son espèce unique.
Vous sentez bien, monsieur, qu'il faut que l'on s'explique
Pouvez-vous vous défendre avec ces airs distraits?
On peut rire un moment à de pareils excès,
Et sentir à la fois son ame révoltée
D'une corruption à son comble portée.
Des princes sans vertus et des sujets pervers
Se donnant à l'envi l'exemple des travers!
Effet vraiment moral de constance héroïque,
Et digne seulement d'un siècle romantique !
Le rapt, la banqueroute; on tue; on vole en l'air...
valcour.
Oui , faisons grâce aux mœurs de ce siècle de fer. Et passant sur ses torts un pinceau laconique, Sur les élections que prétend la chronique , Et sur les candidats dont on peut faire choix, Lequel a la faveur et le nombre des voix?
SULZER
Tombes-tu donc au point de t'oublier toi-même, Ingrat?
VALCOUR
Oh! c'est trop fort.
SULZER
Non ; Von te veut. Von t'aime.
Et pour mieux t'assurer le pas sur tes rivaux, Romuald et Westmann, Palmer, vrais libéraux, S'il en fût, au scrutin te prêteront main-forte.
VALCOUR
Serait-il vrai, messieurs? vous votez. Je l'emporte.