‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 4 sur 517 · ARIANE, THÉSÉE · texte numérisé non relu

ARIANE, THÉSÉE

ARIANE

Répondez aux douleurs de la triste Ariane. Lorsqu'à suivre vos pas le destin me condamne, Athènes, où mes pleurs cherchaient un autre accueil, Offre-t-elle à mes yeux un plus funeste écueil QueNaxe et cette mer en naufrages fertile Où vos mains de la Crète ont ravagé l'asile? Seul auteur des tourmens que je souffre en ces lieux, Ecoutez ma prière , elle est juste.

Ah! grands Dieux!

Ariane !

ARIANE

Infidèle !

THÉSÉE

Enfin, moins étonnée, Laissez à d'autres soins mon âme abandonnée.

9 THÉSÉE

A peine du Piréeai-je revu les bords , Quel spectacle s'offrait à mes premiers transports ! L'esclavage, la mort \ et l'affreux Minotaure Dans ses murs attristés semble rugir encore. Taurus avec orgueil réclame ces enf'ans Qu'en tribut à Minos on offre tous les ans, Et sous un joug de fer Atbènes déchirée Cède encore aux tyrans dont je l'ai délivrée. Sous le poids de ses maux ce peuple gémissant Sans espoir de salut baisse un front innocent, Et dans son infortune il méconnaît encore Votre sang qu'il réprouve et son roi qu il ignore. Voilà dans quel moment revoyant mes états, Sous un nom inconnu je cache ici mes pas , Et comment, respirant la haine et la vengeance , Je ne puis de vos feux écouter l'imprudence.

ARIANE

Et vous me refusez ?

THÉSÉE

La patrie avant vous.

Elle a mes premiers soins, dont ses vœux sont jaloux.

ARIANE

La patrie ! Ah cruel ! quelle injure nouvelle! Tu la voyais en moi quand tu m'étais fidèle. Eh ! comment de ces lieux revoyais-tu les bords Sans les soins dont pour toi j'épuisai les efforts , Et si, dans les détours du triste Labyrinthe , Ma main de ta prison n'eût pénétré l'enceinte.

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