ACTE I, SCÈNE IL
tombée de ses vêtemens, où vous l'invitiez à ce rendez-vous.
FALKLAND
Caleb , vous me rendrez cette lettre. Vous ne devez même qu'à la certitude où j'étais qu'une partie de la vérité ne vous était pas échappée , l'explication que je viens de vous donner. Vous sentez combien il importe d'en cacher jusqu'au moindre détail. En vain j'appelle à mon secours le témoignage de ma conscience , Tyrrel passe pour avoir été assassiné; sa mort ne paraîtra jamais que l'effet d'une horrible préméditation. Quel moyen d'en repousser l'accusation, si je venais à être découvert? Quelle réputation ne serait ébranlée par un bruit généralement accrédité et confirmé par une année de silence de ma part? En vain j'alléguerais pour mon excuse un genre de faute toujours rare chez notre nation, on ne me croirait pas. Et telle est encore ici la juste horreur qu'inspire une vengeance particulière , que ma position n'en deviendrait pas meilleure , parvins-je même à me faire croire ! Voilà, Caleb, à quelle alternative de crainte ou d'infamie j'ai sacrifié vingt ans de vertus, un nom , le fanatisme de la réputation. Oui , le fanatisme ! Je ne consentirai jamais à passer pour l'assassin de Tyrrel. Je ne sais quels efforts je n'oserais tenter pour en repousser l'accusation ; un nouveau crime ne me coûterait rien pour effacer l'horreur du premier ; et toi-même je te verrais chargé de la préven-
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lion de ma faute que je te laisserais mourir à ma place.
CALEB
Mylord , pourquoi m'avez-vous parlé si tard ? je me suis ouvert à Andrews...
Au chapelain du château ? je suis sûr de sa dis^ crétion comme de vous-même.
caleb, à Falkland qui est tombé dans la rêverie.
Mon cher maître ! écartez des réflexions qui corrompent le témoignage de vos vertus. Vous ne fûtes point coupable.
FALKLAND
Mon crime fut peut-être moindre que mes remords , mes terreurs ne le sont pas.