ACTE II, SCÈNE XII
ANDREWS
C'est pour le meurtre de Tyrrel que Caleb est arrêté?
FALKLAND
Hélas! oui.
ANDREWS
Que je plains le coupable !
FALKLAND, troublé.
Le coupable!... Vous croyez que ce ne soit pas lui?
ANDREWS
Non, Mylord. Comment se figurer qu'un acte si condamnable soit l'ouvrage d'un jeune homme du plus beau naturel, si rempli de douceur, doué de tant de vertus que vous-même vous l'avez adopté pour fils.
FALKLAND
Monsieur, vos éloges...
ANDREWS
Mylord, il m'est bien permis de le louer: c'est moi, si vous vous le rappelez, qui l'apportai dans votre sein ; il est presque mon fils, hélas ! je suis son oncle. Quand vous témoignâtes le désir de l'avoir près de vous; tiens, me dit ma sœur en le remettant dans mes bras, puisque Mylord veut bien se charger de son éducation, mon frère je te le confie. Quelle douleur pour sa malheureuse mère ! Elle ne s'attendait pas qu'il quitterait votre maison pour un séjour d'infamie.
52 FALKXAND.
FALKLAND
Auriez-vous l'intention de me blesser par vos discours ?
ANDREWS
Comment pourrais-je vous blesser en faisant l'éloge d'un jeune homme qui vous intéresse?
C'est que tous vos efforts tendent à émouvoir ma sensibilité.
ANDREWS
Hélas ! je n'ai pas besoin d'efforts pour cela. Je vois votre cœur presqu'aussi ému que le mien , et vos pleurs sont prêts à couler sur celui que je pleure.
falkland , fort attendri.
Oui , je le regrette ; je le regrette plus que vous , mais perdez l'espoir de troubler ma tranquillité.
ANDREWS
Que vous vous méprenez sur mes discours ! puisse notre bonheur ne rien coûter au vôtre. Mylord? que nous avez -vous fait pour que nous désirions de troubler votre repos?
FALKLAND
Ce que je vous ai fait?... Cruel homme ! Où voulez-vous en venir? Brisons-lâ. Je voulais que vous vissiez Caleb, vous n'irez pas, j'irai moi-même.
ANDREWS
Mylord , je me soumettrai.