ANDREWS, FALKLAND
ANDREWS
Monsieur le comte, vous persévérez dans votre système d'oppression contre un innocent, et vous venez déposer contre lui.
FALKLAND
Monsieur Andrews, je dois la vérité à la justice qui la réclame.
ANDREWS
Monsieur le comte , je viens me démettre de la charge de chapelain que vous m'avez donnée dans votre château.
FALKLAND
Quel besoin si pressant de m'en parler dans ce moment ?
ANDREWS
Le besoin de donner mes soins à un malheureux qui les réclame tout entiers.
FALKLAND
Mais encore ?
ANDREWS
Je ne puis chérir plus long-temps qui j'ai cessé
5a FALKLAND.
d'estimer. Mon séjour dans votre maison ne serait plus qu'un supplice pour l'un et pour l'autre.
FALKLAND
Monsieur !
ANDREWS
Mylord , fâchez-vous de la vérité de mes observations ; mais vous allez déposer contre un innocent , et prêter votre témoignage à la supposition d'un fait que vous savez bien être faux. Je ne saurais plus garder de ménagemens , ni respecter des nœuds que vous avez commencé de rompre. Il faut que nous rentrions chacun dans la plénitude de nos droits , et lorsque vous accusez un de mes proches , il est juste que je le défende.
FALKLAND
Et qui vous dit qu'il soit innocent? Que je ne sois pas obligé?...
ANDREWS
Qui? Lui-même. Sa candeur, sa franchise, la sincérité de ses aveux dans un moment où il ne pouvait avoir besoin de se disculper. Si cet infortuné dans le besoin d'un appui m'avait fait la confidence de votre secret. Si depuis un an j'en étais le dépositaire,ainsi que le témoin de vos remords et de la peur qui vous fait encore pâlir à mes yeux.
FALKLAND
Quelle calomnie !
ANDREWS
La calomnie ! qu'on est malheureux d'être obligé