‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 438 sur 517 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

d'y recourir pour la repousser. Et si vous-même , inylord , dans un de ces épanchemens que le ciel réclame tout entiers, vous aviez déposé ce secret dans mon sein; si vous m'aviez confié ces aveux qui ne devaient jamais paraître au tribunal des hommes?

FALKLAND

Quoi ! vous sauriez?... (Il tire à demi son e'pée et menace Andrews de l'en frapper») J'aurais un témoin ! . . .

ANDREWS

Qu'allez -vous faire, Mylord? vous êtes sous le glaive de la justice. Que de crimes entraîne la nécessité d'en cacher un seul ! Contenez-vous monsieur le comte , il est temps de mettre un terme aux abus de votre autorité , ici je ne puis vous craindre. Vous venez pour y déposer; nous y paraîtrons tous les deux. Au nom du privilège que la loi donne à ceux de mon état de révéler les crimes venus à leur connaissance, je viens déclarer votre témoignage contraire à la vérité et vous accuser vous-même.

FALKLAND

Vous ne le pouvez pas, votre degré d'alliance avec l'accusé vous en empêche.

ANDREWS

Le caractère dont je suis revêtu m'élève audessus de toutes les distinctions de famille et d'amitié , et me donnera la force de braver celles du rang. Oui , monsieur le comte , vous allez me donner votre parole d'honneur de renoncer à vos vues sur un opprimé , ou je vous poursuis moi-même

dans tous les degrés de juridiction que la loi accorde à l'accusé.

FALKLAND

Monsieur Andrews! monsieur Andrews î

ANDREWS

Monsieur le comte, décidez-vous.

FALKLAND

Ah , vous voulez ma mort ! vous voulez me perdre de réputation.

ANDREWS

Non , nous ne voulons point votre mort ; je ne veux pas vous forcer à vous déclarer coupable. Hélas! S'il n'y avait que ce moyen, le danger qui menace un innocent serait peut-être sans remède. Tout ce que je désire , c'est que vous ne donniez pas de l'appui à une fausse accusation ; c'est que, lorsque vous êtes le seul à la soutenir et que sans vous toutes les autres preuves tombent d'elles-mêmes , vous vous dispensiez de paraître. Grand Dieu ! un criminel a craint d'attester ce qu'il croyait la vérité et vous ne craignez pas de prêter votre témoignage au mensonge ! Et tout couvert du sang de l'innocence vous venez me parler de réputation ! Ah! étranger à ces préjugés de l'orgueil qui vous endurcissent aux maux de vos semblables , le Dieu dont je vous annonce la justice ne connaît de distinctions que celles de la vertu. Le seul honneur pour vous, c'est de ne pas souffrir que l'innocent périsse.

FALKLAND

Ah ! monsieur Andrews , croyez-vous que je no

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