‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 462 sur 517 · SCÈNE IL ALADIN, TANCRÈDE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL ALADIN, TANCRÈDE

TANCRÈDE

Souverain du prophète et des sacrés divans,

Je viens rendre Clorinde au camp des Musulmans.

Reprends sans différer cette beauté si fière

Dont j'achèterais trop l'obéissance altière ;

Tout le camp comme moi lui fait grâce en ton nom ,

Et veut même en tes mains la rendre sans rançon.

ALADIN

Tu n'as donc qu'à demi triomphé de ses charmes ? On dit que tu fais bien de lui rendre les armes, Et que de ses attraits autrefois plus épris Ton amour jusqu'ici n'obtint que ses mépris.

TANCRÈDE

Soudan, de ses refus soutiens-tu la querelle, Pour braver sous son nom lout un peuple rebelle?

ÀCTEI, SCÈNE 11. 1

Crois que de cet affront je dois être vengé ,

Et déjà son renvoi m'a trop dédommagé !

Du moins de tes guerriers les trompeuses souplesses

Ne viendront plus du camp surprendre les faiblesses.

Et d'un cœur qui nous hait nous cachant la moitié

Nous prodiguer l'outrage en portant l'amitié.

Je ne viens point ici me plaindre d'une injure.

Que Clorinde, à son gré , soit si tu veux parjure ;

Je ne veux désormais employer ses attraits

Qu'à différer la guerre et nous donner la paix.

Soudan, de nos deux camps la fatigue ordinaire

Nous a fait du repos un besoin nécessaire.

De la trêve aux chrétiens l'espoir est-il permis ?

Je viens la demander.

ALADIN

La trêve , aux ennemis ?

Jusqu'au dernier d'entre eux je leur promets la guerre.

TANCRÈDE

De combien d'ennemis couvres-tu donc la terre Avant que de leur sang tu puisses te lasser? Une demande encor que je dois l'adresser î De nos chrétiens ici les foules délaissées, Avec vos musulmans sans réserve entassées, Surchargeraient les soins de vos peuples jaloux, Et sans noas soulager sont un fardeau pour vous. Que de ces malheureux le bizarre mélange Du retour de Clorinde en effet soit l'échange ; Du chemin de l'erreur je viens les retirer, El sous la main de Dieu leur troupeau doit rentrer,

ALADIN

De tes desseins ici leur présence est un gage. Ne crois pas que jamais j'accorde à ton hommage Des jours si criminels, si précieux pour moi, Et peut-être un dépôt plus grand que tu ne croi l Adieu ; quitte envers moi du soin de ta conquête > Loin de Jérusalem va presser ta retraite.

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