ACTE I , SCÈNE IV
Vous étonner des soins que j'ose ici tenter, El douter qu'avec vous je puisse résister ! Ah î je dois ma défense au culte de nos pères , Et pour les secourir je cours revoir nos frères.
NÀRSÈS.
Allez , et dans le temple enfermant vos douleurs
Que son peuple soit seul le témoin de vos pleurs.
Sous l'œil des Chérubins et de la Providence
De vos soupirs discrets cachez la confidence.
De l'ange de la mort et du Dieu des combats
Vous attendrez le jour qui doit armer le bras.
Bouillon, Guelfe, Adamar, accourent à notre aide,
Et déjà parmi nous vous avez vu Tancrède ,
Vous peindre les transports et le zèle pieux
Dont tous ces chevaliers marchent vers les saints lieux,
Et comme des torrens de leur source sacrée
La foi qui les conduit languit désespérée.
Qu'un si certain appui calme enfin vos soupirs.
SOPHRONIE
Allons ; mais que ce jour est lent pour mes désirs;
Et que déjà la foi , la pitié , l'espérance
Au milieu de leurs rangs m'ont fait voler d'avance.
FIN DU PREMIER ACTE