‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 466 sur 517 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

Au fond du temple saint où portant ma prière Des célestes esprits j'invoquais la lumière , Arrachés à nos yeux par de profanes mains , De la mère du Christ j'ai vu les traits divins Descendre des autels où la Vierge honorée Reçoit un encens pur sous la voûte sacrée , Et parmi les affronts , l'outrage, les mépris , A travers mille bras échappant à nos cris, Emportés loin de nous dans l'immonde mosquée Où Ton voit de Satan la puissance invoquée : Que faire? A quels autels , à quel Dieu transporter L'appui que dans le ciel on prétend nous ôter? De cet indigne affront, c'est vous que j'en atteste , Interprète sacré de notre appui céleste; Je suis prête pour lui d'affronter le trépas , Et déjà, vers le Dieu j'aurais porté mes pas, Sans votre auguste aspect.

NARSÈS

0 malheureuse fille !

Reste, hélas! languissant d'une triste famille; Vous voyez par quels coups Dieu veut nous détromper. Gémissons sous la main qui vient de nous frapper. Après ce que d'horreurs vos yeux viennent d'apprendre, A ce dernier affront vous deviez vous attendre ; Et lorsque les tyrans ont étouffé nos cris Dans la cité divine où nous sommes proscrits, Comment de nos autels rétablir la puissance, Et même du vrai Dieu garder l'obéissance? Attendez toutefois qu'un moment plus heureux Ne vous offre l'espoir de contenter vos vœux.

1k OLINDE ET SOPHRONIE.

Vous voyez ce héros, venu pour nous défendre. Lui-même intimidé du parti qu'il doit prendre , De l'osbcur avenir attendre nos destins Et n'oser hasarder des succès incertains.

SOPHRONIE

Du culte des autels quand je vois qu'on nous prive,

De notre père au ciel quand la mère est captive,

Attendre à l'avenir d'oser rompre nos fers

Et la voir avec soi l'esclave des enfers ;

Braver ainsi la mort qui menace l'impie ,

Et jusqu'à la souiller mépriser notre vie?

Ah ! de ce crime horrible avant de me couvrir

11 est d'autres devoirs qu'il me reste à remplir.

Du tyran de ces lieux perçant l'obscur asile

Lui faut-il annoncer la mort d'un front tranquille?

Pour la mère du Christ prêle à me présenter,

Pour elle désormais je puis tout attenter;

Braver des ennemis la rage frémissante

Et rendre à nos autels la Vierge triomphante.

TANCRÈDE

C/est vous qui nous parlez ? Le ciel pour nous servir

A mis dans votre sein le zèle du martyr :

Quand nous-même à sa voix excitant nos courages,

Nous ne marchons qu'à peine à de si saints outrages ,

Le zèle d'une fille excite notre bras ,

Et c'est vous dont l'ardeur nous précède aux combats!

SOPHRONIE

Vous, Seigneur, vous nourri dans lesmêmes alarmes, Victime comme moi du malheur de nos armes,

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