ACTE II, SCÈNE VI
Mais ce secret connu du Soudan pénétré
Peut trahir des chrétiens l'espoir aventuré,
Remettra dans des mains d'erreurs empoisonnées
Des princes méconnus les tristes destinées.
Faisons mieux : de Clorinde employons le secours
A forcer Aladin de veiller sur nos jours ;
Si toutefois encor l'espoir de la vengeance
Peut laisser dans son cœur de place à l'indulgence.
Mais, Madame, s'il faut s'intéresser à nous,
Et fléchir Aladin , qui le peut mieux que vous ?
TANCRÈDE
C'est à vous de nous rendre et de sauver nos frères, Vous dont mes mains, Madame, ont fini les misères. Olinde vous est cher ; faut-il parler pour lui ? Qu'attend votre pitié ?
CLORINDE
Je serai son appui.
Oui, de Narsès ici l'intérêt et la gloire Me font sur mes dégoûts tente#r cette victoire. J'obtiendrai son pardon de la grâce du roi. Mais toi, de tes efforts n'espère rien de moi ! Ma haine entre nos camps va rallumer la guerre, Viens te rendre à Clorinde ou t'asservir la terre.
FIN DU SECOND ACTE