‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 478 sur 517 · CLORINDE, NARSÈS , TANCRÈDE · texte numérisé non relu

CLORINDE, NARSÈS , TANCRÈDE

TANCRÈDE

O crime î ô barbarie !

Cher Narsès , avec moi pleurez sur la patrie. Aladin contre nous redoublant ses fureurs D'un règne délesté consomme les horreurs. La triste Sophronie est déjà dans les chaînes ; Et surpris cette nuit loin des tentes chrétiennes, Votre fils, notre frère, Olinde est dans les fers î

narsès.

Olinde ! Il se pourrait? ô fortune! ô revers!

TANCRÈDE

Sous un nom différent connu dans notre armée , Il n'a pu de vos jours souiller la renommée. Mais quel que soit ici l'objet de son retour, Soit exil, trahison, soit la haine ou l'amour, Olinde dans les fers est joint à Sophronie. Aux tourmens d'un héros votre fille est unie. Il faut à leurs besoins prodiguer vos secours. Et vous, dans ce palais témoin de mes discours , Madame, si sur eux vous rejetez l'excuse Qu'à mes plaintes toujours votre haine refuse, C'est à vous de fléchir les fureurs d'Aladin Sur un de nos captifs, heureux dans son destin, A qui je puis du moins pardonner votre estime Dans l'intérêt sacré dont la foi nous anime. C'est cette même loi qui me force au respect Sur un motif plus cher, qui vous serait suspect , Et dont j'ai moins pour moi respecté le mystère , Quel que soit l'intérêt qui m'oblige à me taire : Mais, Narsès, c'est à vous qu'il se faut adresser Pour fléchir Aladin et pour l'intéresser. Plus aisément touché du sort qui nous menace, De nos chrétiens captifs vous obtiendrez la grâce.

NARSÈS

Il me suffit d'un mot pour pouvoir l'arrêter. Du sort de ses enfans je puis l'épouvanter, Sans doute, quand chargé de ce secret mystère Moi seul de leurs destins je suis dépositaire.

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